Verre à martini. Illustration d’après les verres Les Seins-Germain de Matthieu Vergote et Ekhi Busquet, à partir de 259 €. matthieuvergote.com et ekhibusquet.com FURZE CHAN POUR M LE MAGAZINE DU MONDE
Les cosmopolitans sirotés par les héroïnes de la série Sex and the City, les dry martinis « shaken, not stirred » (« secoués, pas remués », en anglais) commandés par l’agent 007, c’est lui. Le verre à martini. Identifiable au premier coup d’œil avec son allure haut perchée, sa forme le plus souvent en V plongeant et toujours rempli à ras bord, il trahit l’amateur de mélanges sophistiqués.
Le verre à martini est le plus « iconique, mais pas le plus pratique », explique Margot Lecarpentier, mixologue et fondatrice du bar Combat, à Paris. Trop instable et prêt à déborder à la moindre vague. D’ailleurs, « beaucoup le détestent. Mais, depuis deux ans, avec la mode des années 1990, leurs espressos martinis, pornstars, blue lagoons et autres sex on the beach et cocktails kitsch avec ou sans alcool, le V shape fait un retour en force », assure celle qui lui prédit même une utilisation en verrine pour mousse d’avocat-crevettes.
Au risque de voir ses confrères avaler de travers, elle-même pourrait enfreindre les codes de la mixologie en s’autorisant à boire un negroni dans un verre à martini, « alors qu’il n’est pas destiné à recevoir de glaçons ». Dans ce cas, elle prendrait le soin de verser d’abord le mélange rafraîchi dans une carafe avant de remplir sa coupe. En revanche, la mixologue est intransigeante sur la qualité du verre. « Plus il est fin, moins le cocktail met de temps à se refroidir et il garde sa fraîcheur plus longtemps, explique Margot Lecarpentier. Car la moitié du plaisir, c’est d’avoir un cocktail frais qui tranche la langue. »








