Du mélilot blanc. M LE MAGAZINE DU MONDE
« La première fois que j’ai goûté au mélilot blanc, j’ai eu comme un moment eurêka, se souvient Allison Van Rassel. C’était il y a un peu plus de dix ans, au restaurant Chez Boulay, à Québec. Le chef Arnaud Marchand l’utilisait dans un sirop qu’il réalisait à partir de la fleur. » Ce jour-là, ce qui marque profondément la journaliste culinaire québécoise, c’est le large éventail de saveurs offert par cette petite plante de la famille des fabacées (légumineuses), qui pousse un peu partout au Canada : « Je découvrais un mélange de vanille, de fève de tonka, des notes d’amande et aussi de foin : un goût à la fois inédit… et très familier. »
Une décennie plus tard, la saveur si typique du mélilot blanc fait partie intégrante du paysage culinaire québécois. « Son potentiel aromatique, longtemps ignoré, est désormais mis en lumière par des jeunes chefs, des mixologues et même des botanistes qui veulent cuisiner avec des produits locaux et forestiers, explique Allison Van Rassel, qui cite le chef doublement étoilé François-Emmanuel Nicol ou le biologiste Fabien Girard comme étant les principales figures de ce mouvement. D’une certaine manière, le mélilot blanc incarne cette forme de recherche identitaire qui anime actuellement la gastronomie québécoise. »







