CAPUCINE MATTIUSSI POUR M LE MAGAZINE DU MONDE

« Et pour la couleur ? Blouge… c’est bien, blouge. » Si tous les vignerons ne roulent pas en Volkswagen, nombre d’entre eux se souviennent de cette publicité du constructeur allemand datant de 2013 qui avait pour slogan « le plus dur, c’est de choisir ». Ils ont repris la contraction improbable de blanc et de rouge pour qualifier ces vins qui oscillent entre les deux couleurs. Plus exactement pour désigner les productions issues d’un assemblage de raisins noirs et blancs, interdites dans la plupart des appellations – à l’exception du côte-rôtie (qui autorise jusqu’à 20 % de viognier) et du champagne – mais autorisées en vin de France.

« Le mot a fait son apparition dans le langage viticole il y a seulement quelques années, mais il correspond à une pratique beaucoup plus ancienne, notamment dans le sud de la France », observe l’écrivaine, sommelière et caviste belge Sandrine Goeyvaerts. Dans ces régions solaires, les cépages carignan, mourvèdre, grenache ou syrah donnent des vins très alcoolisés, très tanniques et très noirs. D’autant plus avec le réchauffement climatique.

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