L
a coutume veut que ses brins soient cueillis dans le dernier carré du dernier champ de blé à faucher, « celui qui était considéré comme magique », rapporte Lydie Banquart, tresseuse de blé installée dans l’Aveyron. Dans son quart d’hectare de terre, elle en cultive une quinzaine de variétés différentes. Des blés durs, des blés tendres, des barbus, des glabres, afin d’avoir le choix des couleurs. L’artisane explique qu’elle est l’une des rares en France à savoir encore arranger des bouquets de moisson. « C’est l’une des plus belles choses que l’on pouvait faire avec ce que l’on avait sous la main à l’époque, explique-t-elle. Le rituel est encore vivace dans le Pas-de-Calais. »
Elle reprend des modèles traditionnels formés par les fermières avant l’apparition des moissonneuses, et tresse, avec la partie de la paille située entre l’épi et le premier nœud de la graminée, des motifs losanges en forme de colliers de cheval, des cornes d’abondance, l’œil de protection… Une croyance recommande d’utiliser sept ou douze brins, symboles des sept jours de la semaine ou des douze mois de l’année, pour attirer la prospérité. « Tout blé peut se tresser, assure-t-elle. Il faut juste trouver une tige suffisamment longue. »






