L’autrice et traductrice québécoise Dominique Fortier. CARL LESSARD

« Quand viendra l’aube », de Dominique Fortier, Grasset, 112 p., 16 €, numérique 11 €.

Quelques mois après la disparition de son père, Dominique Fortier s’aperçoit que la colère ne l’a pas quittée. Comme si le franchissement des étapes que la « sagesse populaire » associe au deuil lui était interdit. « Peut-être, écrit-elle, parce que je ne pleure pas uniquement sa mort mais aussi sa vie. » Une vie faite de silences, de non-dits et de ressassements, pour cet orphelin de père qui restera toujours « ce gamin terrorisé par le gouffre qu’ouvrait devant lui cette perte inimaginable (…), incapable de dire sa peine immense ».

Devenu bibliothécaire, il a vécu dans les livres. Mais n’a jamais écrit la moindre ligne ni laissé quelque trace de ses pensées et de ses émotions. Allant même jusqu’à demander à sa famille de ne pas faire paraître d’avis de décès. Comme si son passage sur Terre ne méritait aucun mot. Comme s’il refusait qu’on écrive sur lui. Ou qu’on parle à sa place.

Il vous reste 73.17% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.