Un aigle (un pygargue vocifère) et son fauconnier. HARTMUT SCHMIDT/IMAGEBROKER/BIOSPHOTO
« Fendre l’azur », d’Agathe Portail, Actes Sud, 320 p., 21,80 €, numérique 16 €.
Quand elle décrit la manière dont elle classe ses recherches, et même l’intégralité du texte en cours, dans des tableaux Excel, Agathe Portail ne peut s’empêcher de s’excuser. « Ça fait un peu artisan, nous dit-elle, pas très artiste. Mais c’est le seul moyen pour moi de bien visualiser l’architecture du roman et d’homogénéiser le texte, pour que la lecture soit parfaitement fluide. » Venue du polar, où l’idée d’avoir une ligne directrice menant à la résolution d’une énigme lui paraissait rassurante, l’autrice de L’Année du gel (Calmann-Lévy, 2020) a écrit ses deux derniers romans avec un même goût pour l’« ingénierie de l’écriture » et sa « dimension architecturale ».
On comprend aisément, d’ailleurs, la nécessité d’être un peu organisé pour orchestrer le mouvement des trois trames de Fendre l’azur. Quand elle a commencé ce roman choral, Agathe Portail n’avait d’ailleurs pas d’idée claire de l’histoire qu’elle allait raconter, les premières idées surgissant par images insistantes. « La première image m’est venue de mon fils, après un stage de fauconnerie, se souvient-elle. Il m’a parlé du métier d’effaroucheur, qui consiste à dégager les pistes de l’armée de l’air pour que les Rafale puissent atterrir sans percuter d’oiseau. Le fauconnier lui avait parlé d’un avion dont la verrière avait explosé. Le pilote s’était pris un oiseau en vol à pleine vitesse et en avait été traumatisé. »






