« Frontières liquides. Journal de lacs », de Daniel de Roulet, Phébus, 292 p., 22,50 €, numérique 16 €.
« Pisser dans les cours d’eau. Carnets de reportages très indépendants », de Serge Hastom, Faubourg, 360 p., 22 €, numérique 11 €.
Les écrivains voyageurs voyagent dans leurs bibliothèques. Même lorsqu’ils arpentent concrètement le monde, à cheval, en stop, en train, à pied ou en bateau, ils le font chargés de leurs livres, ce qu’il en reste dans leur mémoire ou à disposition sur leurs tablettes. Il n’est donc pas surprenant que, dans les deux récits dont traite ce feuilleton, un même lieu appelle une même référence. Nous sommes dans les environs du lac Khanka, au nord de Vladivostok (Russie). Daniel de Roulet évoque la légende dont parle Vladimir Arseniev dans Dersou Ouzala (1921 ; Transboréal, 2021) : « Une fois la Création terminée, il restait une dernière terre vierge, la contrée qu’arrose l’Oussouri. Le Créateur (…) la parsema de toutes les plantes, de tous les animaux et de tous les minéraux qu’il avait dispersés sur la planète. » Au même endroit, Serge Hastom évoque cette « histoire qui est aussi celle du Japon et de la Corée, une histoire qui nous paraît, naturellement, lointaine. Les cinéphiles connaissent les aventures de Vladimir Arseniev et de son guide, le chasseur Dersou Ouzala, grâce au film d’Akira Kurosawa, l’Oscar du meilleur film [étranger] 1976 ».






