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ne accumulation de déclarations incendiaires finit toujours par définir une politique. En faisant la promesse de la « destruction » de Gaza, en assurant que rien n’interrompra la guerre, que « toute la force » de l’armée israélienne sera déployée à cet effet, en annonçant comme objectif la « dépopulation » de Gaza, le départ de la moitié des Palestiniens et « même bien davantage » d’une terre rendue sciemment et méthodiquement inhabitable, les autorités israéliennes, premier ministre en tête, font le choix d’une dérive qui les place en dehors des nations respectueuses des droits humains.

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Il ne s’agit pas que de paroles. Utilisation assumée de l’arme de la faim ; reprise unilatérale, au nom de l’éradication de la milice du Hamas, de massacres de civils palestiniens sous les bombes fournies par les Etats-Unis ; milliers d’enfants tués, estropiés, privés de soins essentiels ; retour aux déplacements massifs de population dans des zones faussement présentées comme sûres : les faits autant que les déclarations ne font que renforcer la possibilité à terme d’une qualification de génocide par la justice internationale, seule légitime à le faire. Les inflexions à la marge de Benyamin Nétanyahou, destinées aux relations publiques, n’y changeront rien.