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l aura fallu que les Gazaouis soient réduits à la famine, que les ultrareligieux et les ultranationalistes du gouvernement Nétanyahou appellent à la déportation de ces derniers, et que la conquête et l’occupation de Gaza soient désormais affichées comme leur objectif officiel, pour que certains médias français, étrangement prudents jusqu’ici, commencent à desserrer l’étau du silence. En Israël, c’est encore loin d’être le cas. La plupart des Israéliens continuent de vivre dans l’indifférence, se plaignent de la hausse des prix et pleurent les soldats tombés sur les champs de bataille d’une guerre qui semble ne devoir jamais finir.
Il y a bien sûr tous ceux qui défilent pour les 23 otages supposés encore vivants et aussi pour les morts, sacrifiés par un gouvernement qui prétend, contre toute évidence, poursuivre la guerre à Gaza en leurs noms. Certains, peu nombreux, commencent à brandir dans les rues les portraits d’enfants gazaouis assassinés par l’armée israélienne. ONG et associations, bien sûr, ne cessent de dénoncer les horreurs commises. Des Gazaouis s’opposent désormais au Hamas, contre lequel Israël a perdu la guerre, mais qui lui sert toujours d’alibi.
Les cruelles et meurtrières attaques menées par les troupes du Hamas, le 7 octobre 2023, contre des civils israéliens sont certes impardonnables. Mais ce n’est pas du 7-Octobre que date le conflit entre Israéliens et Palestiniens. La riposte était compréhensible. Mais rien ne justifiait l’ampleur qu’elle a prise. On cherche toujours à laisser les Israéliens dans l’ignorance de ce qui se passe vraiment à Gaza. La propagande dans le pays et parmi les juifs de la Diaspora bat toujours son plein. Quelques sites israéliens et le journal Haaretz tentent de briser ce blocus. Mais qui lit ce journal d’intellectuels en Israël ? Et qui, dans la Diaspora, parmi les juifs communautaires ?






