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’acharnement d’Israël à détruire Gaza ne faiblit pas. Le bilan humain dépassera bientôt le chiffre effarant de 60 000 morts, parmi lesquels des milliers d’enfants. Des dizaines de milliers d’autres Gazaouis, blessés, estropiés, porteront dans leur chair, leur vie durant, la marque de bombardements indiscriminés. Une génération entière à laquelle ces colonnes ont rendu le seul hommage possible en lui donnant un visage, celui de jeunes Palestiniennes et Palestiniens fauchés par les bombes dans le café Al-Baqa, n’aura connu de l’Etat hébreu qu’un blocus impitoyable et un usage disproportionné de la force de la part de son armée. Cette dernière finit de perdre dans ce siège hors d’âge ce qui lui restait de valeurs.

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L’argument des otages est tombé de lui-même lorsque Israël a mis fin unilatéralement à un cessez-le-feu qui permettait enfin à des dizaines d’Israéliens capturés le 7 octobre 2023 de recouvrer la liberté. Le prétexte de l’éradication du Hamas est usé jusqu’à la corde. Avec cette guerre sans fin de Benyamin Nétanyahou et le refus de ce dernier d’envisager un « jour d’après », auxquels s’ajoutent les violences des colons extrémistes de Cisjordanie, le mouvement islamiste, pourtant laminé, ne cesse de compenser idéologiquement ce qu’il perd militairement.