En 2020, l’entrée surprise au Parlement de l’Alliance pour l’unité des Roumains (AUR) en avait fait le premier parti d’extrême droite à s’imposer durablement dans les urnes en Roumanie. Dimanche 18 mai, son fondateur pourrait être élu à la tête de l’Etat.

La fin d’un équilibre post-communiste

Depuis la chute du régime de Ceausescu en 1989, deux grandes forces structuraient la politique roumaine : en tête, la grande machine héritière du communisme avec le puissant Parti social-démocrate (PSD), et, en face, une droite libérale principalement représentée par le Parti national libéral (PNL). Les deux formations a priori opposées avaient scellé un accord de coalition parlementaire pour résoudre la crise politique doublée d’une crise sanitaire qui avaient secoué les libéraux en 2021, dont l’arrivée au pouvoir avait été permise par l’incarcération pour corruption du principal leader du PSD.

Cette union des contraires s’est à nouveau formée autour d’une unique candidature à la présidentielle de 2025, celle du libéral Crin Antonescu. Son objectif : surmonter l’échec historique pour les deux partis lors du premier tour de 2024, finalement annulé en raison de soupçons d’ingérence russe. En cumulant leurs voix, ils espéraient cette fois parvenir au second tour.