Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Agriculture & Alimentation Agriculture & Alimentation Agriculture & Alimentation Tribune Simon Bestel Cofondateur de Fermes en vie Vincent Kraus Directeur général et cofondateur de Fermes en vie Le coût et l’état du patrimoine agricole freine la transmission des exploitations, d’autant plus lorsque celui-ci constitue un risque sanitaire et environnemental qu’il faut prendre en charge, soulignent Simon Bestel et Vincent Kraus, cofondateurs de Fermes en vie, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 14h00 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés Agrandir et moderniser ont longtemps été les maîtres mots de l’investissement agricole dans le bâti, pour répondre à trois impératifs : spécialiser, mécaniser et intensifier. Entre 2000 et 2022, la valeur moyenne des actifs des exploitations a doublé, passant de 280 000 à 569 000 euros. Aujourd’hui pourtant, plus de 40 % des agriculteurs disent disposer de bâtiments inexploités et seuls 18 % pensent pouvoir les reconvertir. Nombre de ces bâtiments sont vétustes, surdimensionnés ou inadaptés aux projets de reprise. Incidemment, ce patrimoine complique autant le départ du cédant que l’installation du repreneur. Cet héritage s’impose notamment à ces derniers. Pour certains repreneurs, il représente des coûts d’entretien et de transformation ; pour d’autres, un coût d’acquisition dès l’installation. Pour tous, la charge d’infrastructures qui ne correspondent plus toujours à leur projet. Que faire d’une stabulation conçue pour plusieurs centaines de bovins lorsqu’un repreneur choisit un troupeau plus réduit et davantage de pâturage ? D’une salle de traite lorsqu’une exploitation passe de l’élevage bovin à l’élevage caprin ? De bâtiments d’élevage lorsqu’un projet en grandes cultures s’installe ? Ces choix de production vont dans le sens des évolutions que nous cherchons collectivement à encourager : une agriculture plus saine, plus résiliente, plus respectueuse du vivant. Mais lorsque la reconversion des bâtiments coûte trop cher, le repreneur n’a souvent pas les moyens de les adapter, et c’est son projet qui finit par s’adapter à l’existant. Tout le bâti agricole n’est pas pour autant condamné. Sa transformation en ateliers, en points de vente ou en hébergements peut apporter de nouvelles sources de revenus à l’exploitation. Le coût des travaux va déterminer si cette seconde vie constitue un investissement ou devient une charge supplémentaire pour l’agriculteur. Mobiliser des aides publiques Prenons une ferme estimée entre 600 000 et 800 000 euros, avec des bâtiments dont le repreneur n’a aucun usage. S’il faut engager de 100 000 à 200 000 euros de plus pour les remettre en état ou les déconstruire, peut-on les considérer comme des actifs ? Leur valeur réelle peut être nulle, voire négative, et le coût de leur traitement devrait être intégré à l’évaluation de l’exploitation. A vouloir préserver la valeur de ce patrimoine, on finit par compromettre celle de la ferme tout entière et par bloquer des reprises. Il vous reste 44.55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« De nombreux bâtiments agricoles sont vétustes, surdimensionnés ou inadaptés aux projets de reprise »
TRIBUNE. Le coût et l’état du patrimoine agricole freine la transmission des exploitations, d’autant plus lorsque celui-ci constitue un risque sanitaire et environnemental qu’il faut prendre en charge, soulignent Simon Bestel et Vincent Kraus, cofondateurs de Fermes en vie, dans une tribune au « Monde ».







