10 septembre 2026Aujourd'hui à 18:47La société wallonne Aerospacelab a réussi à damer le pion à plusieurs géants spatiaux européens en s'imposant comme fournisseur majeur de la constellation Iris2. Un pari gagnant qu'il sera intéressant d'analyser en profondeur. Soyons de bon compte: quand Benoît Deper, créateur d'une société alors quasiment inconnue, avait annoncé il y a quelques années la construction d'une Megafactory à Charleroi capable de produire jusqu'à 500 satellites par an, beaucoup d'acteurs du monde économique avaient écarquillé les yeux. Certes, le New Space, cette révolution dans les affaires spatiales, avec ses lanceurs réutilisables et ses constellations de satellites, avait déjà propulsé SpaceX et Blue Origin sur le devant de la scène. Mais cet aggiornamento se déroulait aux États-Unis. En Belgique, il n'a échappé à personne que l'environnement économique et social n'est pas toujours le plus indiqué pour le développement pérenne d'entreprises, même dans un secteur industriel en profonde transformation. Quelques années plus tard, le patron d'Aerospacelab surprend à nouveau. Mais cette fois, plus question de scepticisme: la société wallonne a réussi à damer le pion à plusieurs géants spatiaux européens en s'imposant comme l'un des plus importants fournisseurs du projet de nouvelle constellation de satellites de l'Union européenne, Iris2. Mieux, Benoît Deper annonce d'autres contrats importants dans le futur. Difficile désormais de ne pas le croire. Il faudra se pencher sur les dessous de ce pari gagnant, pour en tirer les leçons dans d'autres secteurs. Quelques-unes des explications se dessinent déjà. Un: le CEO d'Aerospacelab a senti très tôt l'évolution vers les constellations de satellites, qui vont sans doute continuer à s'imposer dans des créneaux — l'observation scientifique, la Défense, la connectivité directe — où on ne les attendait pas. Cette mutation, déjà largement engagée, a poussé les levées de fonds dans le secteur spatial à des niveaux très élevés, portées désormais par des investissements massifs dans des projets industriels matures. À la veille du sommet de Paris, la start-up française The Exploration Company, qui développe une capsule spatiale, a levé 450 millions de dollars. Un record pour une société dans le Landerneau spatial européen, mais qui n'a quasiment plus étonné personne. Les autorités publiques belges, tant le Fédéral que la Région, ont de leur côté joué leur rôle de soutien avec leurs instruments traditionnels: quelques prises de participation, un zeste de subsides, sans oublier l'argent que la Belgique consacre chaque année au budget de l'Agence spatiale européenne. Des fonds — non négligeables — décidément bien investis. Aerospacelab n'a pas seulement été servie par le flair et l'audace de son fondateur. Les gestionnaires d'Iris — la Commission européenne et les opérateurs — ont eux aussi fait preuve de hardiesse, avec un choix industriel courageux, quitte à déplaire aux acteurs historiques. Une décision qui reflète finalement assez bien l'état d'esprit qui a plané sur la grand-messe du spatial de Paris: une volonté d'aller de l'avant face aux défis posés par les États-Unis et la Chine dans la course à l'espace, qu'il s'agisse de questions de sécurité, d'autonomie stratégique ou de vols habités.
Édito | Aerospacelab: du flair, de l'audace et un environnement porteur
La société wallonne Aerospacelab a réussi à damer le pion à plusieurs géants spatiaux européens en s'imposant comme fournisseur majeur de la constellation Iris2. Un pari gagnant qu'il sera intéressant d'analyser en profondeur.












