Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Intelligence artificielle Intelligence artificielle Intelligence artificielle Tribune Tibor Dessewffy Sociologue Tandis que les discours, tantôt technophiles, tantôt alarmistes, sur l’intelligence artificielle saturent les médias, les opinions publiques occidentales se révèlent très pragmatiques quant à la conduite à adopter, note le sociologue Tibor Dessewffy, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 12h00 Temps de Lecture 4 min. Read in English Article réservé aux abonnés Le marché déjà encombré des prises de position sur l’intelligence artificielle (IA) a connu deux contributions marquantes ces derniers mois. La première, que l’on doit au pape Léon XIV, attire l’attention sur le défi de préserver la dignité humaine à l’ère des machines omniscientes. La seconde est celle d’Elon Musk. Selon lui, l’IA fera de notre monde un nirvana d’ici à cinq à dix ans en surpassant les humains en intelligence, rendant le travail facultatif et l’argent, inutile. Quant aux humains, nous deviendrons les labradors domestiques d’une superintelligence prenant à notre place toutes les décisions importantes. Alors que les discours sur l’IA sont dominés par des affirmations toujours plus emphatiques, le panorama que dresse l’enquête de Mandate menée dans neuf pays au mois de juin vaut la peine d’être lu. L’institut de sondage international a interrogé près de 14 000 personnes aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et dans sept pays européens sur leur rapport à l’IA. Les résultats révèlent un fossé géographique frappant. Alors que 50 % des Américains et 46 % des Britanniques estiment que les effets de l’IA sur la société sont déjà négatifs, ce chiffre n’atteint que 35 % en Europe continentale. Même lorsque l’idéologie entre en jeu, la géographie reste déterminante. Parmi les électeurs progressistes aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, une majorité des sondés considère l’IA comme nuisible. Parmi des groupes politiques comparables en Hongrie, en Pologne et en Espagne, ce sont pourtant les réponses positives et neutres qui dominent. L’hostilité envers l’IA à gauche n’est, pour l’heure, pas un produit européen, mais bien un phénomène anglo-américain. D’où vient cette différence ? Une des raisons tient au fait que l’Europe n’est pas en tête de la course technologique. L’opposition locale aux gigantesques centres de données n’a pas saisi le continent comme elle l’a fait aux Etats-Unis. Quelque 63 % des Américains jugent qu’un centre de données à proximité serait une mauvaise nouvelle, contre une proportion allant de la moitié au tiers de ce chiffre dans les pays européens. Il vous reste 68.73% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.