La première ministre Christine Fréchette rassemblera son Conseil des ministres lundi soir, à peine quelques heures avant l’entrée en vigueur des contre-tarifs imposés par le Canada à des produits importés des États-Unis. Ses adversaires y voient une manœuvre politique.Christine Fréchette a choisi de concentrer toute l’attention de son gouvernement sur la mitigation des impacts causés par les murs tarifaires s’élevant de part et d’autre de la frontière entre le Canada et les États-Unis lundi sur le coup de 18 h, après quoi elle reprendra aussitôt sa campagne, indique-t-on dans son entourage.La cheffe caquiste aura d’abord une journée de campagne bien chargée qui l’amènera de la circonscription de Mirabel à celle de Charlesbourg, en passant par celle de L’Assomption, où Geneviève Petterson tentera de succéder à François Legault.Promettant de répliquer « dollar pour dollar » aux tarifs du gouvernement Trump visant des produits canadiens d’une valeur de 27,6 milliards, Mark Carney réclamera de nouveaux droits de douane de 15 % à 50 % sur des centaines de produits américains à compter de mardi. « Ces nouvelles contre-mesures tarifaires ciblées visent principalement les secteurs comme l’acier et l’aluminium, les produits laitiers, l’électroménager, le matériel agricole, les pâtes et papiers, les plastiques et l’électronique », a indiqué le gouvernement Carney, précisant que « dans certains secteurs, comme l’acier et l’aluminium, les contre-mesures tarifaires actuelles passeront de 25 % à 50 % pour correspondre aux taux américains ».Le Québec inc est inquiet. D’ailleurs, le gouvernement Fréchette cherche à convaincre Ottawa d’ajuster la liste de produits qui seront frappés de contre-tarifs canadiens afin de soulager quelque peu des entreprises manufacturières québécoises qui importent des États-Unis, puis exportent vers les États-Unis. Christine Fréchette a dit être en « discussion constante » avec le gouvernement fédéral à cet égard. « C’est sûr que, moi, je veux avoir des réponses. La date limite, c’est mardi prochain. Donc là, on s’attend à ce que ça soit résolu, en fait qu’on nous revienne avec des réponses », avait-elle affirmé dans une mêlée de presse vendredi dernier.« S’il y a lieu d’ajuster notre approche, nos mesures de soutien, on va le faire », avait aussi mentionné la première ministre en campagne électorale, trouvant « triste » et « un peu inquiétant » qu’« il y a eu 18 000 pertes d’emploi dans le mois d’août seulement ».L’équipe Fréchette « va agir de manière stratégique pour renforcer l’économie et protéger le pouvoir d’achat des Québécois », a promis de son côté le ministre des Finances, Eric Girard.