Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Détroit d’Ormuz Détroit d’Ormuz Détroit d’Ormuz Chronique Julien Bouissou Journaliste au service Economie Dans les économies mondialisées et interconnectées, ce sont le monopole et la rareté qui créent la puissance. Or, la voie d’entrée et de sortie du golfe Persique est aujourd’hui contournable, ce qui constitue une faiblesse pour le régime iranien, constate Julien Bouissou, journaliste au « Monde », dans sa chronique. Publié hier à 17h00 Temps de Lecture 2 min. Article réservé aux abonnés En six mois, la guerre dans le Golfe n’a fait ni perdant ni gagnant, mais elle a rayé de la carte le détroit d’Ormuz. Cette artère où transitaient entre 20 % et 25 % du commerce pétrolier mondial, ainsi qu’une part équivalente de gaz naturel liquéfié, ou des produits industriels et pétrochimiques essentiels comme le soufre, est devenue presque aussi vide que la mer de Sibérie, même si quelques pétroliers parviennent encore à passer, la nuit, avec leurs transpondeurs éteints, en toute discrétion. Entre-temps, les autres pays du Golfe – mais aussi l’Iran – ont trouvé des voies de contournement. Les Emirats arabes unis construisent un oléoduc pour dédoubler l’Abu Dhabi Crude Oil Pipeline, long de 400 kilomètres, qui passe au sud du détroit. Selon une note de la banque Goldman Sachs parue à la mi-juillet, près de la moitié du volume de pétrole exporté par le Golfe avant-guerre devrait être à l’abri des perturbations d’Ormuz d’ici à la fin 2027. Les exportations de gaz naturel liquéfié restent dépendantes du passage maritime par le détroit, mais l’Institut Bruegel note que la consommation au sein de l’Union européenne a baissé de 17 % entre les années 2021-2022 et 2025, grâce aux énergies renouvelables. Quant à l’Iran, ses pétroliers sont empêchés d’emprunter le détroit par la marine américaine et ne peuvent plus sortir d’hydrocarbure du pays. Mais Téhéran développe son commerce sur la mer Caspienne, bordée par la Russie, le Kazakhstan, le Turkménistan et l’Azerbaïdjan. Il vous reste 62.95% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.