Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Détroit d’Ormuz Détroit d’Ormuz Détroit d’Ormuz Le spécialiste de politique étrangère, proche des cercles néoconservateurs, s’inquiète, dans un entretien au « Monde », de la bascule mondiale que crée, selon lui, le conflit avec l’Iran autour du contrôle du détroit d’Ormuz. Article réservé aux abonnés Robert Kagan est chercheur au sein de la Brookings Institution, l’un des plus influents groupes de réflexion américains. Spécialiste de politique étrangère, il a servi au département d’Etat pendant les mandats présidentiels de Ronald Reagan et de Barack Obama. S’il se décrit comme un libéral, il est proche des cercles néoconservateurs. Son dernier ouvrage est intitulé Rebellion : How Antiliberalism Is Tearing America Apart – Again (« Rébellion. Comment l’antilibéralisme déchire les Etats-Unis – de nouveau », éd. Alfred A. Knopf, 2024, non traduit). Dans un récent article publié par le mensuel « The Atlantic », vous expliquez que l’Iran risque de devenir un revers sans précédent pour les Etats-Unis, pire que le Vietnam ou l’Irak. Pourquoi ? Si l’on revient aux pires échecs de la politique étrangère américaine, que ce soit Pearl Harbor, le Vietnam ou l’Irak, ils n’ont pas durablement affaibli la position des Etats-Unis dans le monde. Contre les Japonais, ils ont remporté la guerre par la suite. Le Vietnam est un événement plus isolé. Rapidement après ce conflit, Ronald Reagan a été élu, et la guerre froide a pris fin. Enfin, l’Irak n’a certes pas été un succès, mais l’envoi de troupes supplémentaires, lors de l’opération « Surge », lancée en 2007, a permis de stabiliser le pays. Et surtout, les Etats-Unis n’ont pas perdu, à cause de cette guerre, leur position dominante au Proche-Orient. La guerre contre l’Iran nous place face à un scénario différent, car ce pays devient soudainement, grâce à ce conflit, la plus grande puissance de la région. Téhéran contrôle désormais le détroit d’Ormuz, un atout dont les Iraniens n’ont jamais disposé et qui rend l’arme nucléaire un peu moins nécessaire pour eux. Les Etats-Unis, qui garantissaient la liberté de navigation, ne seront plus en mesure de le faire. Cette guerre risque d’affaiblir durablement leur position dans le monde. Les Etats-Unis n’ont-ils pas les moyens militaires ou diplomatiques de faire plier l’Iran ? Il vous reste 68.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.