Des valeurs... marchandesLE TACLE DU LUNDI. Entre rebondissements et coups de poker, certains transferts au cours de ce mercato 2026 ont été plus qu’étonnants. Le symptôme d’un univers où le business prend toujours plus de place, parfois au détriment du sportif.Entourage, intermédiaire, commissions : ces différents mots sont rentrés dans le lexique du football depuis une dizaine d’années, encore plus en période de mercato. Comme à son habitude, le marché des transferts a été un véritable ouragan pendant trois mois et en 2026, on a même atteint plusieurs records.La Premier League, toujours plus dépensière et démesurée, a investi 4,06 milliards d’euros pour recruter. De son côté la Ligue 1 a aussi fait parler d’elle, mais plutôt dans le sens des départs, avec 1,33 milliard d’euros récupérés sur la vente des joueurs. Là aussi il s’agit d’un record. Cependant, au milieu de ces chiffres et de ces sommes délirantes, on trouve des joueurs parfois pris dans des engrenages infernaux et des histoires sordides.Le fameux fax qui empêche David De Gea de rejoindre le Real Madrid à l’été 2015, Chelsea qui se trompe et oublie même de signer des documents pour l’arrivée d’Hakim Ziyech au PSG, Moussa Sissoko détourné d’Everton vers Tottenham sur la piste de l’aéroport, le retour de Didier Drogba éternellement en suspens à Marseille ou encore les supporters de la Roma qui attendent toujours Malcom : le mercato est rempli de moments bien connus et épiques.Roc Nation Sports, l’agence de Jay-Z qui a les crocsEt le cas de Malick Fofana l’illustre bien : en raison de finances toujours délicates à l’Olympique lyonnais, le grand espoir du football belge était destiné à partir, encore plus avec la qualification ratée en Ligue des champions contre Fenerbahçe. La Roma ? Arsenal ? Le jeune attaquant de 21 ans a finalement vécu un jeu de surenchères entre deux clubs anglais, Crystal Palace et Sunderland. Son agence Roc Nation Sports a été omniprésente dans les négociations, avec la volonté de récupérer le plus de millions d’euros possibles en commissions.Alors que le mercato était proche de fermer ses portes mardi soir dernier, personne ne pouvait affirmer avec certitude où Malick Fofana allait signer. On lui a même fait passer une visite médicale à Lyon, afin de valider quoi qu’il arrive son transfert pour l’un des clubs. Finalement, il a pris la direction de Sunderland, qui s’est montré plus offrant… envers ses agents.L’Olympique lyonnais aurait de son côté pu toucher davantage de liquidités en cas de départ vers Crystal Palace, mais le mercato réserve bien des aléas. Ce qui dérange dans le cas Fofana, ce n’est pas forcément le jeu des agents et des commissions, qui est devenu une habitude dans le football moderne, mais bien le sportif qui est relégué au second plan.« Fofana ne savait plus où il habitait »Entre Crystal Palace, situé à Londres, et Sunderland, dans le nord de l’Angleterre, on ne pratique pas du tout le même football. Pierre Sage, récemment arrivé à Palace après ses aventures à Lyon et à Lens, a même passé un coup de fil pour convaincre son ancien joueur de le rejoindre dans la capitale anglaise. Le feeling est bien passé entre les deux hommes, mais d’autres décisionnaires ont empêché ce transfert d’aboutir.Hugo Guillemet, journaliste à L’Équipe, a même raconté les détails de cette opération et un jeune joueur perdu dans toute cette affaire. « Le joueur n’a plus de volonté ou en tout cas il n’a plus la force de faire valoir sa volonté auprès de son entourage, auprès de son oncle, de son père, de ses agents : il est trimbalé. J’ai eu quelqu’un à Lyon en fin d’après-midi mardi et il me disait que Fofana ne savait plus où il habitait. Il était décrit comme hyper stressé. […] il ne savait plus et il se laissait porter en fait par un truc qui le dépassait, par la situation assez catastrophique qui a été un peu générée par ses agents. »Fofana n’est pas le seul à avoir subi un jeu d’influences cet été. À Marseille, Frank McCourt a mandaté l’agence Unique Sports Group (USG) afin de faciliter certains départs et de libérer rapidement la masse salariale. La société britannique a imposé ses conditions pour faire partir certains joueurs et s’est imposée dans certaines négociations, quitte à retarder des deals ou même les faire capoter.Le nouveau président de l’OM, Stéphane Richard, a déjà confié que cet intermédiaire n’avait pas été l’initiative la plus judicieuse prise par son supérieur. USG a même tenté d’envoyer Pierre-Emile Hojbjerg à Newcastle, sans que le joueur ne soit d’accord. Le mercato recèle bien des surprises, et ce ne sont pas forcément les meilleures.