Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Climat Climat Climat Tribune Vincent Koulinski Docteur ingénieur en géosciences La décarbonation est la seule voie durable pour faire face à l’évolution des risques naturels en montagne, analyse, dans une tribune au « Monde », Vincent Koulinski, docteur ingénieur en géosciences. Publié le 06 septembre 2026 à 06h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Eboulement, effondrement glaciaire, lac périglaciaire, séisme, déstabilisation de versants, lave torrentielle : il faudra des années pour comprendre pleinement la cascade de phénomènes qui vient de ravager une vallée du Népal [le 26 août]. Mais une conclusion s’impose déjà : la complexité de ces enchaînements dépasse nos capacités d’anticipation. Face à cette complexité, la gestion des risques naturels repose sur un principe simple : s’appuyer sur les archives et les traces morphologiques afin de distinguer le phénomène probable, à anticiper, du phénomène possible, mais assez rare pour être négligé. Malgré de cuisants échecs, cette approche fondée sur le passé a largement démontré son efficacité. Aujourd’hui, les risques naturels en montagne y causent nettement moins de dommages que nombre de risques de la vie quotidienne. Ce succès reposait sur une hypothèse implicite : la stabilité du climat. Et c’est en montagne que sa remise en cause est la plus spectaculaire. La carte Drias développée par Météo-France, représentant le réchauffement projeté, ressemble étrangement à une carte du relief ! Pour une hausse mondiale de 3 °C, le réchauffement estival moyen pourrait localement dépasser 10 °C dans les Alpes, l’équivalent d’une dénivellation de 1 500 mètres, soit la différence d’altitude entre Albertville et Val d’Isère [Savoie]. Un environnement profondément modifié s’imposera en quelques décennies. Ce dérèglement ne concerne pas que les glaciers, marginaux à l’échelle du territoire français. Il affecte l’ensemble du cycle de l’eau des zones de montagne. La seule augmentation de l’humidité de l’air sous l’effet du réchauffement (7 % par degré) conduit, pour un réchauffement de « seulement » 6 °C, à une nouvelle pluie centennale [d’une intensité si exceptionnelle qu’elle a une probabilité de 1 % d’être atteinte ou dépassée chaque année] qui ne se serait statistiquement jamais produite dans les derniers millénaires, générant des mouvements de terrain jusqu’alors insoupçonnés. Il vous reste 68.44% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.