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ReportageSous l’effet notamment du changement climatique, le débit du fleuve qui naît dans les glaciers du Tadjikistan et aboutit en mer d’Aral se réduit, mettant en péril la production de riz, une céréale centrale dans l’alimentation ouzbèke.

A 7 heures, les ouvriers sont déjà à l’œuvre dans les rizières de Shalkat Soultanov pour épandre de l’engrais à la main. Quelques heures plus tard, il n’y a déjà plus personne : en juillet-août, la chillya, une période de chaleur extrême d’une quarantaine de jours, s’abat sur l’Asie centrale et frappe particulièrement le Khorezm, dans l’ouest de l’Ouzbékistan, où les températures dépassent tous les jours les 40 °C. Dans les rues d’Ourguentch, la capitale régionale de 150 000 habitants, seuls quelques passants osent encore s’aventurer dehors, ombrelle au-dessus de la tête.

A une vingtaine de kilomètres de là, cette chaleur n’est plus seulement une contrainte quotidienne pour Shalkat Soultanov. Conjuguée à un manque d’eau structurel, elle menace son exploitation d’une centaine d’hectares, comme l’ensemble des rizières du Khorezm, qui assurent près de 40 % de la production nationale de riz. « Il y a quelques années, je produisais 900 quintaux de riz par an. On est réduit à 700 cette année », raconte l’agriculteur de 47 ans, debout au bord de ses rizières, la sueur perlant sur son front.