Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Réchauffement climatique Réchauffement climatique Réchauffement climatique La spécialiste de l’éducation défend, dans un entretien au « Monde », une approche « écopédagogique » permettant aux jeunes, dont l’avenir s’écrit sous le signe de la crise climatique, d’agir en connaissance des inégalités environnementales et de leurs droits. Article réservé aux abonnés Cet été a été marqué par des vagues de chaleur longues et répétées, des températures record, des sécheresses exceptionnelles et des incendies gigantesques. De quoi faire exploser l’écoanxiété parmi les jeunes générations, et l’impression que leur avenir aura des airs de dystopie. Irène Pereira, spécialiste de l’éducation à la justice environnementale, plaide pour une pédagogie philosophique qui puisse les aider à mieux comprendre les enjeux écologiques. Enseignante-chercheuse à l’université de Rouen, elle a notamment signé l’ouvrage Ecopédagogie. Eduquer à la justice sociale et écologique (Academia, 2024). Cet été, les jeunes générations ont vu se concrétiser des scénarios catastrophes, annoncés depuis bien longtemps par la communauté scientifique. Peut-on parler d’un moment de bascule ? Le problème avec cette notion de catastrophe, discutée notamment par le philosophe Jean-Pierre Dupuy et, d’une certaine manière, par le théoricien de l’effondrement Pablo Servigne, réside dans son ambivalence. La catastrophe implique que le pire est certain. Or, elle ne doit pas être présentée comme inéluctable, sous peine de devenir une idée démobilisatrice et fataliste. C’est toute la complexité de cette notion. Je ne considère pas la jeunesse comme un ensemble homogène, mais comme une diversité d’individus, distingués par leur classe sociale, leur genre, etc. Il est possible que, pour certains et certaines, ce soit un point de bascule et pas pour d’autres. Il faudra voir si cet épisode se traduit par des engagements militants en faveur des luttes environnementales. Ces événements climatiques peuvent-ils être perçus comme une forme d’injustice générationnelle ? La notion de « génération » comporte les mêmes limites que celle de « jeunesse » : elle présente comme une entité homogène l’ensemble des humains nés à la même époque. Mais d’un point de vue sociologique, parler de génération tend à invisibiliser les rapports sociaux inégalitaires, entre les classes sociales, entre les pays du Nord et du Sud… Il vous reste 68.46% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Irène Pereira, philosophe : « On souhaite que les jeunes se mobilisent, mais on ne les forme qu’à voter et pas à être des défenseurs des droits humains et environnementaux »
La spécialiste de l’éducation défend, dans un entretien au « Monde », une approche « écopédagogique » permettant aux jeunes, dont l’avenir s’écrit sous le signe de la crise climatique, d’agir en connaissance des inégalités environnementales et de leurs droits.






