Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement « Etranges nuits » (7/7). Ce n’est qu’au réveil qu’ils prennent conscience d’avoir ingurgité toutes sortes de produits : gâteaux, conserves froides, voire lessive… Cette « forme hyperspécialisée du somnambulisme » pouvant entraîner une souffrance psychologique reste mal comprise. Article réservé aux abonnés Crèmes glacées, chocolat, yaourts… « toutes les nuits depuis trois ans, Mme F., âgée de 33 ans, se lève pour manger », raconte la professeure Isabelle Arnulf, cheffe du service de pathologies du sommeil à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP), dans son livre Une fenêtre sur les rêves. Neurologie et pathologies du sommeil (Ed. Odile Jacob, 2014). Au réveil, la patiente n’en garde qu’un « vague souvenir » et « un sentiment de trop-plein gastrique ». Mme F. souffre d’un trouble alimentaire lié au sommeil, le Sleep-Related Eating Disorder (SRED). Décrit pour la première fois sous cette forme clinique en 1991 par le psychiatre du sommeil américain Carlos Schenck, il a longtemps été confondu avec la boulimie nocturne (night eating disorder), des prises alimentaires nocturnes chez une personne pleinement éveillée. Dans le SRED, la personne mange alors qu’elle est dans un état de conscience altérée, avec des degrés variables. « Elle est en train de dormir, et pourtant elle mange », résume Isabelle Poirot, psychiatre spécialisée dans les troubles du sommeil au CHRU de Lille. Les épisodes surviennent généralement au milieu de la nuit. Ce n’est que le lendemain matin qu’elles découvrent les traces de leurs agissements : paquets de gâteaux ouverts, pots de pâte à tartiner vides, ou encore des boîtes de conserve consommées froides. Mme F. retrouve régulièrement des restes de nourriture dans son lit au réveil. Ces épisodes peuvent parfois s’avérer dangereux, pouvant aller jusqu’à la consommation de croquettes pour chien, de plastique, de lessive…. Isabelle Arnulf rapporte également le cas clinique d’une personne ayant placé au micro-ondes un CD tartiné de fromage râpé avant d’être réveillée par les étincelles de l’appareil. Elle avait une autre fois croqué dans un steak congelé et s’était cassé deux dents. Certains peuvent aussi aller jusqu’à allumer des plaques de cuisson pour préparer des aliments, avec un risque de brûlures et d’incendie. Outre ces dangers, ces comportements peuvent entraîner une souffrance psychologique, de la honte, la peur que cela se reproduise, une prise de poids… Il vous reste 48.04% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Trouble alimentaire lié au sommeil : quand des patients mangent sans vraiment se réveiller
« Etranges nuits » (7/7). Ce n’est qu’au réveil qu’ils prennent conscience d’avoir ingurgité toutes sortes de produits : gâteaux, conserves froides, voire lessive… Cette « forme hyperspécialisée du somnambulisme » pouvant entraîner une souffrance psychologique reste mal comprise.











