Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement « Etranges nuits » (6/7). Chacun se réveille plusieurs fois par nuit, le plus souvent à la fin d’un cycle. Les bons dormeurs ne s’en souviennent pas, d’autres ont du mal à retomber dans les bras de Morphée. Pour comprendre ce scénario, retour sur le fonctionnement des cycles du sommeil. Read in English Article réservé aux abonnés Beaucoup ont déjà vécu ce scénario : ouvrir les yeux systématiquement à 2 heures, 3 heures ou 4 heures du matin, parfois pendant plusieurs semaines. Avec, dans certains cas, des difficultés à se rendormir. Si déroutants, voire angoissants, soient-ils, ces réveils nocturnes à heure fixe ne sont pas forcément synonymes d’un trouble. Que se passe-t-il lorsque nous dormons ? Le cerveau possède une horloge interne, dite « circadienne », qui rythme les fonctions biologiques de l’organisme et orchestre l’alternance entre veille et sommeil. Schématiquement, le sommeil s’organise en une succession de trois à six cycles de soixante à cent vingt minutes, selon les personnes, leur âge, etc. D’abord, le sommeil lent et léger s’installe, moment où les muscles se détendent ; la température corporelle, la pression artérielle et la fréquence cardiaque diminuent. Puis vient le sommeil lent profond, pendant lequel le cerveau est « nettoyé », et la mémoire se consolide. Enfin survient le sommeil paradoxal, phase où l’activité cérébrale est proche de celle de la phase d’éveil et le tonus musculaire presque aboli, propice aux rêves extravagants. La composition de ces cycles évolue au fil de la nuit. Le sommeil lent profond domine en début de nuit, tandis que les phases de sommeil paradoxal deviennent plus fréquentes à l’approche du matin. Parallèlement, la mélatonine, hormone qui favorise le sommeil, commence à diminuer après avoir atteint son pic au milieu de la nuit, tandis que le cortisol – impliqué notamment dans l’éveil, le métabolisme et la réponse au stress – augmente progressivement pour préparer l’organisme au réveil. « Le réveil en lui-même n’est pas le trouble » En réalité, chacun se réveille plusieurs fois par nuit, le plus souvent à la fin d’un cycle. « Ces micro-éveils sont un moyen pour le cerveau de vérifier que l’environnement est sûr et propice au sommeil », explique Claude Gronfier, directeur de recherche au Centre de recherche en neurosciences de l’Inserm à Lyon. La plupart passent totalement inaperçus. « Le bon dormeur ne s’en souvient pas, car il se rendort immédiatement », souligne Armelle Rancillac, chercheuse Inserm au Collège de France, spécialiste des mécanismes du sommeil. Il vous reste 48.77% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.