Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Transition écologique Transition écologique Transition écologique Alors que les canicules et les incendies éprouvent de nombreuses régions, le romancier et essayiste, attaché à « réconcilier humain et humus », analyse, dans un entretien au « Monde », les ressorts de la crise écologique et les moyens d’y remédier. Article réservé aux abonnés Auteur d’Humus (L’Observatoire, 2023) et d’Aqua (L’Observatoire, 448 pages, 23 euros), le philosophe Gaspard Koenig estime que la transition agroécologique est la « clé » pour rendre notre monde plus habitable. Avec les canicules à répétition et les incendies en série, l’été 2026 marque-t-il un point de rupture par l’ampleur des dévastations, mais également par la prise de conscience de l’urgence à changer notre rapport à la nature ? On peut toujours l’espérer, mais je me rappelle cette remarque cyniquement juste de Michel Houellebecq pendant la pandémie de Covid-19, quand tout le monde se complaisait à imaginer des avenirs radieux : « Le monde d’après, ce sera le même en pire. » La suite lui a donné raison. En plein milieu des canicules et des incendies, on pouvait d’ailleurs observer les bouchons traditionnels des départs en vacances vers le Sud, relâchant une bonne dose de carbone dans l’atmosphère pour avoir le plaisir d’étouffer sur des plages bondées. Les responsables politiques, encore profondément ancrés dans l’ère industrielle, brillent par leur déni, en usant de stratagèmes rhétoriques de plus en plus farfelus. Les mutations culturelles ne se font jamais d’un coup. La fiction de la rupture, comme la passion de la révolution, est naïve et dangereuse. Il a, par exemple, fallu plusieurs siècles à l’idéal démocratique pour s’imposer, depuis les écrits de Jean Bodin [1529-1596] sur la souveraineté, à la fin du XVIe siècle, jusqu’à l’établissement de la République, à la fin du XIXe. Les pensées du vivant n’ont-elles pas sapé intellectuellement le productivisme et l’extractivisme et, comme à l’époque des Lumières, en partie changé les imaginaires ? Graduellement, la transformation écologique des imaginaires est en cours, et elle est irréversible. Je crois en la puissance des idées. Chaque fait a besoin d’une mise en récit ou en concept. En voyant un mégafeu, on peut s’énerver contre le laxisme judiciaire vis-à-vis des pyromanes, comme s’affoler du dérèglement climatique. C’est une question de prisme politique. Il vous reste 68.53% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Gaspard Koenig, philosophe : « La transformation écologique des imaginaires est en cours, et elle est irréversible »
Alors que les canicules et les incendies éprouvent de nombreuses régions, le romancier et essayiste, attaché à « réconcilier humain et humus », analyse, dans un entretien au « Monde », les ressorts de la crise écologique et les moyens d’y remédier.







