Les 7 000 morts en surnombre constatés mi-août et les milliards d’euros de dégâts climatiques attendus à la suite de l’été caniculaire 2026 en France ne mobilisent pas les responsables politiques nationaux à la hauteur de l’événement. Depuis le premier pic de chaleur exceptionnel de mai, les Français ont eu droit au silence des uns, aux déclarations indigentes ou à la démagogie des autres.
Pourtant, le réchauffement climatique n’est plus un débat scientifique mais un problème éminemment politique, souligne le paléoclimatologue Jean Jouzel. La dissonance entre le clairon des engagements internationaux du pays sur le climat et leur écho à hauteur de vie quotidienne a de quoi ébranler la raison du citoyen. Quel que soit le bilan final de la canicule, elle aurait déjà dû conduire à confronter des visions, exposer des solutions communes, et tracer les perspectives vivables du long terme ; elles existent. Le silence ne peut se comprendre que comme une impuissance à agir, ou, pis, une absence de volonté de le faire.
L’Ile-de-France connaît un bilan particulièrement lourd. Avec 2 000 décès excédentaires sur la période de mi-juin à début juillet, la « mortalité toutes causes » confondues mesurée par Santé publique France a explosé, à + 81,2 %. Ce résultat forme un double record, temporel (depuis 2003) et spatial (aucune autre région n’affiche de tels pics). A Paris, ville où l’on meurt plus que dans toute autre ville d’Europe de la chaleur, le maire, le socialiste Emmanuel Grégoire, ne peut être taxé de climatoscepticisme, mais il n’a eu pour vertu que la franchise, en assumant, en juin, dans Le Monde, du « bricolage ». Admettant que la Ville avait « péché » en visant le cap lointain de 2050 pour s’adapter, il assure : « Il est temps d’écouter plus attentivement les scientifiques et experts qui ont des solutions. »






