Le pianiste montréalais Oliver Jones a été porté à son dernier repos, jeudi, lors d’une cérémonie tenue dans l’enceinte bondée de l’église Union United, dans le quartier de la Petite-Bourgogne, lieu même où le musicien a joué ses premières mélodies à l’âge de seulement cinq ans.Dans ce haut lieu de la culture noire à Montréal, plus ancienne congrégation d’afro-descendants au Canada, membres de la famille, amis, collègues et admirateurs se sont rassemblés pour célébrer la vie et l’œuvre de celui que tous ont qualifié d’homme bon, humble, aimant et profondément croyant.« La vie d’Oliver Jones a non seulement touché Montréal et le Canada, mais le monde entier. C’est un privilège de pouvoir le célébrer aujourd’hui », a lancé d’entrée de jeu le révérend jones, qui menait la cérémonie à laquelle le grand public était également convié.

Oliver Jones, décédé le 22 juillet à l’âge de 91 ans, aura tout au long de sa vie gardé un lien avec la congrégation de la rue Delisle, située à quelques pas de la maison qui l’a vue naître le 11 septembre 1934.Le révérend Bailey a d’ailleurs parlé d’un homme généreux et affable, qui n’hésitait pas jouer quelques airs pour les enfants fréquentant l’école du dimanche.« Oliver a grandi dans cette église et plusieurs ont grandi en l’entendant jouer », a rappelé le pasteur protestant, lors d’une célébration qui s’est tenue tantôt en français, tantôt en anglais.La musique, jazz et gospel, était évidemment au cœur de la commémoration, qui s’est déroulée en présence de plusieurs députés provinciaux et fédéraux, ainsi que de nombreux élus municipaux.La dernière mouture du fameux Oliver Jones Trio (avec Jim Doxas à la batterie, Éric Lagacé à la basse et Taurey Butler au piano) a notamment interprété Lights of Burgundy, morceau bercé d’une douce mélancolie qui a valu au pianiste l’un de ses deux prix Juno en 1986.