Le regretté pianiste et compositeur Oliver Jones a laissé son empreinte sur Montréal, et continuera à le faire après son décès. « M. Jones a eu un impact important dans le rayonnement de la ville de Montréal, des communautés noires de Montréal et de la musique jazz », affirme Allen Alexandre, directeur général du Centre culturel afro-canadien de Montréal (CCAM).Le foyer de la salle de spectacle du nouvel espace du centre sera d’ailleurs nommé en l’honneur de l’icône jazz montréalaise, a-t-il annoncé. L’inauguration du centre multifonction (espace muséal, archives, regroupement d’espaces communautaires et associatifs) qui occupera l’édifice de l’ancienne École des beaux-arts de Montréal, coin Sherbrooke et Saint-Urbain, est prévue pour 2028.« Il compte parmi ces Montréalais nés dans le quartier de la Petite-Bourgogne qui ont un poids historique pour notre ville, et on considère qu’il fut un ambassadeur de la culture musicale et de la communauté noire, abonde le directeur général. C’était tout à fait naturel de nommer le foyer de la nouvelle salle en son nom, d’autant qu’il se dédiait à former la relève et à bâtir un legs à transmettre aux générations futures. »Allen Alexandre rappelle également la création prochaine du Fonds Oliver-Jones, destiné à rendre la musique accessible « aux jeunes de 3 à 12 ans issus des quartiers défavorisés ». Ces initiatives avaient été annoncées à M. Jones lors d’une soirée organisée par le CCAM en son honneur l’automne dernier, lors de laquelle il a joué du piano devant public pour la dernière fois.L’Union United ChurchC’est là, à l’âge de cinq ans, dans le cœur historique de la communauté afro-montréalaise que fréquentait aussi son ami et mentor Oscar Peterson, qu’Oliver Jones a donné son premier récital. Fondée en 1907 au 3007, rue Delisle, à deux pas du métro Lionel-Groulx, l’Union United Church de Montréal est la plus ancienne congrégation d’afro-descendants au Canada.L’église protestante a accueilli dans son sous-sol, où eut lieu ce concert du prodigieux Jones, de nombreuses organisations communautaires, dont le Negro Community Centre of Montreal, où les enfants s’initiaient à la danse et à la musique.Le Café St-MichelAutrefois situé au 770, rue de la Montagne, coin Saint-Antoine (jadis rue Craig), juste au sud du Centre Bell, le Café St-Michel a fait battre le cœur jazz du Montréal des années 1940 et du début des années 1950. À cette intersection surnommée « the Corner » ont également ouvert le mythique Rockhead’s Paradise et, plus tard, le Black Bottom et le Rising Sun, inauguré par Doudou Boicel.
La géographie musicale d’Oliver Jones
Le regretté musicien jazz était aussi profondément montréalais.
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