Un « grand homme », un « grand pianiste » ou tout simplement « le grand Oliver Jones » : artistes, politiciens, amateurs de musique et simples citoyens ont déversé une véritable pluie d’hommages à la légende du jazz montréalais qui nous a quittés mercredi soir à l’âge de 91 ans et de son puissant héritage.Il sera possible d’entendre le musicien une dernière fois : une ultime entrevue réalisée en 2024 dans le cadre de la série Avant de partir sera diffusée sur le Web dès vendredi et dimanche sur les ondes de Télé-Québec. Oliver Jones y pose un regard sur sa vie et sa carrière dans un entretien avec Gildor Roy qui était destiné à sortir après sa mort.Le musicien Gregory Charles a rendu hommage au « jovial Prince du Jazz » en évoquant quelqu’un qui était « un grand pianiste, évidemment, mais il était surtout un grand homme ». « Pas très flamboyant, pas très loquace, sans un soupçon d’ego ou de malice. Toujours disponible pour servir un ami, une bonne cause. Il était l’un des derniers héroïques musiciens noirs issus de l’époque multicolore des cabarets de jazz de Montréal. »Celui qui l’a maintes fois côtoyé souligne s’être remémoré nombre de ses œuvres, mais aussi de ses « savoureuses et inspirantes anecdotes ». « En écrivant ces lignes, mes yeux s’embrument parce que le départ d’Oliver, c’est le départ d’un ami, d’un grand-oncle, d’une idole, mais surtout d’une époque lointaine où le talent avait plus de valeur que le marketing, la tendresse avait plus de valeur que la rivalité et la politesse et la noblesse de cœur triomphaient encore sur l’arrogance. »« Avec la disparition d’Oliver Jones, le Québec perd l’un des plus grands artistes de son histoire », a pour sa part souligné l’acteur et musicien Pierre-Luc Brillant. « Né à une époque où notre identité culturelle était encore en pleine construction, il aura été l’un des pionniers de son épanouissement. »Funérailles nationales en « analyse »La première ministre du Québec, Christine Fréchette, a elle aussi offert ses condoléances aux proches d’Oliver Jones en mentionnant que l’artiste « a fait rayonner Montréal, le Québec et le Canada sur les plus grandes scènes du monde, tout en demeurant profondément attaché à sa ville natale ». « Son immense talent, sa générosité et son engagement auprès de la relève auront marqué des générations de musiciens et de mélomanes. »Questionné au sujet de funérailles nationales ou d’un hommage national organisé en l’honneur d’Oliver Jones, le cabinet de Mme Fréchette a affirmé qu’une analyse était en cours au ministère des Relations internationales et de la Francophonie, comme il est de coutume lorsqu’une personnalité québécoise notoire s’éteint.Le remerciant d’avoir « fait rayonner Montréal sur les plus grandes scènes du monde », la mairesse de Montréal, Soraya Martinez Ferrada, a souligné son « héritage musical qui continuera d’inspirer les générations à venir ».
Le Québec pleure la légende du jazz montréalais Oliver Jones
Ce grand pianiste s’est éteint mercredi soir à 91 ans ; le gouvernement songe à des funérailles nationales.







