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ReportageVendeur de vêtements, coiffeur, garagiste… De plus en plus de salariés enregistrent des images qui serviront à entraîner des robots conçus pour automatiser leurs tâches. Ce qui, à terme, peut menacer leur emploi.

Dans le quartier bouillonnant et congestionné de New Ashok Nagar, situé dans l’est de New Delhi, la capitale indienne, les habitants sont les témoins de drôles de scènes depuis plusieurs mois. En poussant la porte de l’échoppe de vêtements Shubham Garment Shop, sur l’une des artères principales, le client se retrouve nez à nez avec une employée, un iPhone vissé sur la tête, en train de plier méticuleusement des tuniques traditionnelles et des tee-shirts qu’elle glisse ensuite dans des emballages plastiques.

Durant quatre heures par jour, Parul Gupta filme tous ses faits et gestes sur son lieu de travail. Son employeur a passé un accord avec Cogito Tech, une entreprise de la banlieue de Delhi spécialisée dans la collecte de « données égocentriques », des vidéos filmées à la première personne qui serviront à entraîner les futurs robots dopés par l’intelligence artificielle (IA). L’heure de vidéo fournie est payée environ 200 roupies, soit un peu moins de 2 euros.