Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Disparitions Disparitions Disparitions Histoire Histoire Histoire Il avait consacré sa vie à réveiller la mémoire des juifs dans le pays balte, créant notamment un musée à Riga. Il s’est éteint le 31 juillet. Article réservé aux abonnés Avec le décès, à l’âge de 100 ans, de Margers Vestermanis, le 30 juillet à Riga, une page de l’histoire morale de la Lettonie se tourne, tant il a influencé l’émergence d’une conscience démocratique dans ce pays balte. Survivant de la Shoah, résistant, historien, il a joué un rôle cardinal dans l’intégration de l’histoire juive au récit national letton. A l’occasion de la Journée du souvenir du génocide des juifs, le 3 juillet, sous la pluie, le centenaire était encore là, en fauteuil, face aux ruines de la grande synagogue chorale de Riga, incendiée le 4 juillet 1941 par des Allemands assistés de supplétifs lettons – ses occupants furent brûlés vifs. A son emplacement se dresse aujourd’hui un monument aux 400 « sauveteurs de juifs » de Lettonie, dont l’inventaire a été la grande œuvre des dernières années de sa vie. Margers Vestermanis avait trouvé dans ce chantier une manière d’engager le dialogue avec une société traumatisée par près de cinq décennies d’occupation soviétique et travaillée par un antisémitisme protéiforme. Comment une nation ayant construit son identité comme victime peut-elle accepter d’être associée aux pires crimes ? Il vous reste 73.79% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.