Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Disparitions Disparitions Disparitions Grâce à une ruse de sa mère, elle avait pu échapper à la déportation à Auschwitz, où son père fut assassiné. Après avoir longtemps témoigné sur la période de la collaboration, elle s’est éteinte le 12 juin à 93 ans. Article réservé aux abonnés La vie d’Arlette Testyler, morte vendredi 12 juin à Paris à l’âge de 93 ans, fut une vie de combats. En 2025 encore, la vieille dame s’était battue pour que la municipalité de Vendôme (Loir-et-Cher) célèbre comme il se devait la mémoire des époux Philippeau, honorés par Israël pour avoir caché la petite fille qu’elle avait été et sa sœur aînée Madeleine sous l’Occupation. Le maire, effrayé par le contexte géopolitique international, avait voulu repousser la cérémonie. Arlette Testyler s’était violemment indignée. L’hommage officiel avait été finalement rendu. Elle disait souvent qu’elle était née deux fois. Une première à Paris dans le 12e arrondissement, en 1933, « l’année de l’arrivée au pouvoir d’Hitler ». Puis neuf ans plus tard à Vendôme. Ses parents étaient des juifs polonais. Son père, Abraham Reiman, arrive le premier en France, à la fin des années 1920, travaille dur avant que son épouse le rejoigne et que leurs filles naissent à Paris. En 1939, il s’engage dans l’armée française. En mai 1941, il est pris dans la rafle dite du billet vert. Convoqué au commissariat pour vérification d’identité, il est arrêté, interné au camp de Pithiviers (Loiret) avant d’être déporté et assassiné à Auschwitz. « J’aimais tellement mon Papa », ne cessait-elle te dire. Il vous reste 71.34% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.