Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Histoire Histoire Histoire Dans un entretien au « Monde », la spécialiste de la seconde guerre mondiale analyse la réparation symbolique que représente l’entrée au Panthéon de l’historien et résistant Marc Bloch, mardi, quatre-vingt-deux ans après son arrestation, sa torture et son exécution par la Gestapo lyonnaise. Read in English Article réservé aux abonnés Alya Aglan est professeure d’histoire contemporaine à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Spécialiste de la seconde guerre mondiale et de la Résistance, elle est notamment l’autrice des ouvrages La France à l’envers. La guerre de Vichy (1940-1945) (Gallimard, 2020) et La Double Mort de Marc Bloch (Flammarion, 120 pages, 6,50 euros). A l’occasion de la panthéonisation du médiéviste et fondateur, avec Lucien Febvre, de l’école des Annales, elle réfléchit au sens politique et aux échos contemporains de cet hommage. A travers l’hommage rendu à une personne, c’est tout un groupe, écrivez-vous, que la nation honore. Mardi 23 juin, qui entrera au Panthéon aux côtés de Marc Bloch ? D’abord, tous les intellectuels qui ont résisté, et ils ne sont pas si nombreux que ça. Reconnaître l’engagement de Marc Bloch [1886-1944] comme résistant, c’est aussi rendre hommage aux philosophes des mathématiques Albert Lautman [1908-1944] et Jean Cavaillès [1903-1944], au jeune Valentin Feldman [1909-1942], au grand sociologue Maurice Halbwachs [1877-1945]… Plus largement, et cela n’a évidemment pas concerné que les universitaires, c’est à tous ceux que l’on pourrait appeler les « réprouvés », doublement persécutés par l’Etat français et l’occupant nazi, que cette panthéonisation rend hommage. Il vous reste 79.55% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.