Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Disparitions Disparitions Disparitions Livres Livres Livres Enfant caché pendant la seconde guerre, Marcel Cohen a vu une partie de sa famille mourir dans les camps. Après des études de journalisme et d’histoire de l’art, il a fait de son sens de l’observation une méthode, et laisse une œuvre fragmentaire qui mêle souvenirs, rencontres, choses vues et réflexions. Il est mort à Paris le 31 juillet. Article réservé aux abonnés Marcel Cohen, mort à Paris le 31 juillet, à l’âge de 88 ans – comme Le Monde l’a appris auprès de son éditeur, Gallimard –, avait coutume de répéter que son histoire était « banale », que son passé d’enfant caché pendant l’Occupation ne lui appartenait pas en propre. « Des dizaines d’anciens enfants cachés ont raconté leur vie et leurs destins se ressemblent étrangement », confiait-il en 2018. Pendant longtemps, il n’a rien dit de son histoire, qui s’était jouée pour ainsi dire en dehors de lui. Lorsque, en 2013, il entreprend de « mettre au net ses souvenirs » dans Sur la scène intérieure (Gallimard), c’est à travers quelques objets qu’il a conservés d’eux qu’il évoque sa famille assassinée à Auschwitz : rien de plus, et rien pour compléter ce presque rien qui lui reste, ni les ressources de l’imagination ni les ressorts du style. Sa littérature s’est toujours méfiée de la littérature et c’est pour cela qu’elle est si nécessaire. Marcel Cohen est né le 9 octobre 1937 à Asnières (Seine), d’une famille juive séfarade originaire d’Istanbul (ses deux parents étaient nés au début du XXe siècle à Constantinople). En 1943, il est en promenade au parc Monceau, à Paris, lorsque huit membres de sa famille sont arrêtés dans l’appartement du boulevard des Batignolles. Son père, ses grands-parents paternels, ses oncles et une de ses tantes sont déportés à Auschwitz par le convoi n° 59, en septembre 1943. Sa petite sœur Monique ayant moins de six mois, la police attend qu’elle soit « en âge » pour l’envoyer à la mort avec sa mère, en décembre de la même année. Il vous reste 75.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.