Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Turquie Turquie Turquie Tribune Özgür Özel Homme politique turc Ankara est plus que jamais un acteur-clé de l’OTAN. L’Europe doit se soucier du risque que représente un retour de l’autoritarisme en Turquie, affirme le fondateur d’un nouveau parti d’opposition, dans une tribune au « Monde ». Publié aujourd’hui à 05h30 Temps de Lecture 4 min. Article réservé aux abonnés L’Europe a longtemps considéré la Turquie à travers certains prismes bien familiers : la migration, la sécurité et la géopolitique. Pourtant, en Turquie se pose désormais une question plus fondamentale : la démocratie peut-elle survivre lorsque des élections continuent d’avoir lieu, mais que le jeu politique est de moins en moins ouvert ? Il ne s’agit pas simplement d’une crise politique intérieure. La Turquie occupant un rôle hautement stratégique au sein de l’OTAN, la trajectoire qu’y suivra la démocratie aura un impact direct sur l’avenir de l’Alliance elle-même. Le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan ne se contente plus de présider à un recul démocratique. Il tente de bâtir un système politique dans lequel les partis d’opposition existent formellement mais sont empêchés de concourir pour le pouvoir. Le tournant s’est produit lors des élections municipales de 2024, lorsque mon ancien parti, le Parti républicain du peuple (CHP), est devenu la première force politique de Turquie, infligeant au Parti de la justice et du développement (AKP) de Recep Tayyip Erdogan sa première défaite électorale nationale depuis 2002. Ce résultat a fait apparaître une réalité de plus en plus inconfortable pour le pouvoir : l’AKP pouvait encore être battu par la concurrence démocratique. En travaillant aux côtés du maire d’Istanbul, Ekrem Imamoglu, du maire d’Ankara, Mansur Yavas, et d’une nouvelle génération d’hommes politiques, nous avons bâti une coalition capable de gouverner à l’échelle nationale. Le gouvernement a réagi par l’intermédiaire des tribunaux. Les municipalités dirigées par l’opposition sont devenues la cible d’enquêtes et de poursuites judiciaires. Plus de 30 maires ont été détenus ou emprisonnés. Puis une mesure sans précédent a été imposée : une décision de justice controversée m’a destitué de mon rôle de chef du principal parti d’opposition pour réinstaller mon prédécesseur, malgré ses défaites électorales répétées. Il vous reste 71.02% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.