Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres La liste de La Matinale La liste de La Matinale La liste de La Matinale Chaque jeudi, la rédaction du « Monde des livres » vous propose ses choix littéraires. Aujourd’hui, notamment, direction le Japon, havre où soigner ses blessures à travers l’art ancestral du kintsugi, sous la plume d’Antoine Dole. Article réservé aux abonnés LA LISTE DE LA MATINALE Cette semaine, la suite de la sélection de lectures estivales du « Monde des livres » s’ouvre avec un récit de Brina Svit sur l’amour du tango et le passage du temps, Adios à Buenos Aires ; Orbitor, trilogie fondatrice du grand écrivain roumain Mircea Cartarescu, dont paraît une nouvelle traduction ; un roman d’Antoine Dole, Danser avec les pierres, où un voyage au Japon et la découverte de l’art ancestral du kintsugi rendent enfin possible une réparation ; enfin, une enquête historique d’Arnaud Fossier à travers les archives ecclésiales d’une ville toscane du XIIIe siècle, La Réputation au village. RÉCIT. « Adios à Buenos Aires », de Brina Svit Avant même de savoir qu’elle allait écrire un nouveau livre, son quatorzième, Brina Svit a eu l’idée d’un titre. Une expression qui lui a traversé l’esprit alors qu’elle arpentait les rues de la capitale argentine, où elle s’était déjà rendue plus d’une dizaine de fois : Adios à Buenos Aires. Elle a 69 ans lorsque cette évidence la saisit : elle ne reviendra plus danser le tango dans le pays où il est né, où elle l’a appris et pratiqué avec passion. Où elle a rencontré des amis, dont elle a fait les personnages de plusieurs de ses livres. A quoi donc dit-elle adieu, en voulant laisser Buenos Aires derrière elle ? Que renonce-t-elle à chercher ? A quels sentiments s’ouvre-t-elle en parcourant une dernière fois cette ville qui, écrit-elle, « continue à [lui] tendre son miroir fidèle » ? C’est à l’ensemble de ces questions que tente de répondre ce court récit, où les chapitres s’enchaînent comme une suite de coïncidences accessibles seulement si l’on y prête une attention toute particulière. Ecrivant comme elle flâne dans la ville, avançant « sans but précis » pour mieux laisser le hasard et la nécessité la mener là où elle ignore devoir aller, Brina Svit fait confiance à la littérature pour imaginer ce que sera sa vie « sans le tango ». Adios à Buenos Aires est un beau texte mélancolique qui ne verse jamais dans la déploration ou la nostalgie. Ce à quoi Brina Svit dit adieu, elle ne l’a pas perdu, mais vécu. Si elle dit adieu, en quelque sorte, à sa jeunesse, elle sait que la littérature, comme la danse, quand on leur fait confiance, ont ce pouvoir de rendre la vie si intense qu’elle vaut toujours la peine d’être vécue. F. By Il vous reste 63.44% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Notre sélection de livres cette semaine : « Adios à Buenos Aires », « Orbitor », « Danser avec les pierres »...
Chaque jeudi, la rédaction du « Monde des livres » vous propose ses choix littéraires. Aujourd’hui, notamment, direction le Japon, havre où soigner ses blessures à travers l’art ancestral du kintsugi, sous la plume d’Antoine Dole.






