Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Culture Culture Culture La liste de La Matinale La liste de La Matinale La liste de La Matinale Chaque jeudi, la rédaction du « Monde des livres » vous propose ses choix littéraires. Aujourd’hui, notamment, une plongée dans le New York des années 1990. Article réservé aux abonnés LA LISTE DE LA MATINALE Cette semaine, « Le Monde des livres » vous invite à lire Chutes libres, roman de l’écrivain américain Carl Watson, où un couple se heurte à l’impossibilité du récit de soi ; le nouveau volume des Carnet de notes, de Pierre Bergounioux, ou comment consigner le quotidien ; Tenez bon, l’essai de Pierre Assouline sur le pouvoir imprescriptible de la littérature ; la nouvelle traduction de Moon Tiger, roman de 1987 d’une écrivaine britannique trop oubliée, Penelope Lively ; enfin, « Balzac nous appartient », l’essai de l’historienne Judith Lyon-Caen sur les multiples lectures de La Comédie humaine au XXe siècle. ROMAN. « Chutes libres », de Carl Watson Entre Frank et Odee, les deux personnages de Chutes libres, nouveau roman de l’Américain Carl Watson, flotte un parfum de surenchère. Nous sommes à New York à la fin des années 1990 : Frank descend Manhattan à pied depuis le Lincoln Center, tandis qu’Odee compose compulsivement poèmes et confessions intimes. Deux flux de consciences se parlent ainsi, sans presque jamais se rencontrer. Poète et romancier, Carl Watson, né en 1953 dans l’Indiana, appartient à cet ensemble d’écrivains états-uniens marqués par l’héritage Beat et post-Beat – des plumes à la critique sociale acerbe, fascinées par la dérive et la chute. Publié pour la première fois en France avec Hôtel des actes irrévocables (Gallimard, 1997), il achève avec Chutes libres sa trilogie consacrée à Frank Payne, personnage emblématique d’une certaine génération fin de siècle. Erudite et liquide, la prose virtuose de Carl Watson pourrait rappeler sans s’y réduire celle de Jack Kerouac (1922-1969) ou de Charles Bukowski (1920-1994). Comme les pensées de ses personnages, sa phrase avance par heurts concertés plutôt que par ligne droite. A cette forme d’instabilité et de dilution formelle répond la fascination de l’auteur (et de ses personnages) pour les espaces de transition – ponts, tunnels, plateformes, bars, lieux de rencontres interlopes. On y passe, mais on ne va nulle part. C’est sur ce vide que vient buter, finalement, toute tentative de récit de soi. Et Carl Watson, lui, réussit cette prouesse : transformer le plomb des vies fatiguées en or littéraire. N. C. A. Il vous reste 74.58% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.