Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres La liste de La Matinale La liste de La Matinale La liste de La Matinale Chaque jeudi, la rédaction du « Monde des livres » vous propose ses choix littéraires. Aujourd’hui, notamment, Christine Spianti propose une contre-épopée dans les yeux de la mère d’Achille. Article réservé aux abonnés LA LISTE DE LA MATINALE Cette semaine, la sélection de lectures estivales du « Monde des livres » s’ouvre avec un beau récit, tristement d’actualité : Habiter la garrigue, où le sociologue Marc Hatzfeld revient sur la maison qu’il a perdue en 2025, emportée par l’incendie qui a ravagé les Corbières. Les territoires, les paysages sont aussi au cœur de l’essai que Nicolas Faguer consacre à Charles Péguy, pour lequel il est revenu sur les lieux de la vie de l’écrivain, tandis que, dans Thétis, Christine Spianti mêle une traversée de la Grèce à une évocation de l’Iliade, d’Homère. Quant au journaliste et écrivain américain Patrick Radden Keefe, il enquête, dans Le Fils de l’oligarque, sur la fin tragique d’un jeune Britannique qui rêvait sa vie, et qui en est mort. RÉCIT. « Habiter la garrigue », de Marc Hatzfeld Plus connu pour ses travaux sur les marginaux ou les banlieues, le sociologue Marc Hatzfeld avait une passion : une maison construite patiemment dans un coin isolé des Corbières, dans l’Aude. Le 28 août 2025, trente-cinq ans de travaux partent en fumée, lors de l’incendie gigantesque qui ravage des milliers d’hectares. « J’ai lâché mon chagrin comme une délivrance offerte à la tristesse », écrit-il en introduction de cette lettre d’amour à un territoire, à ses habitants, à sa rudesse aussi. Il détaille la découverte de la bâtisse, en ruine dans les années 1990, la lente reconstruction, puis « les quinze années [qu’il y a] passées (…). Habiter un lieu, c’est en remplir l’espace ». Un espace peuplé d’animaux et d’une flore qui deviennent ses compagnons. « Je souhaitais que la maison et la garrigue se rencontrent, s’entrelacent et s’entendent amicalement », se souvient-il. Accès à l’eau, à l’électricité, rapports amicaux avec ses voisins, c’est tout cet enracinement « avec [s]es partenaires d’écosystème » qu’il relate. Face au cataclysme environnemental qui approche, et à son sentiment d’abandon, il conclut : « Il nous faut nous tirer d’affaire entre gens déterminés et de bonne foi, (…) se débrouiller en collectifs certes, mais sans Etat protecteur ni loi juste. » Ph. G. Il vous reste 69.45% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.