Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Livres Livres Livres La liste de La Matinale La liste de La Matinale La liste de La Matinale Chaque jeudi, la rédaction du « Monde des livres » vous propose ses choix littéraires. Aujourd’hui, notamment, un essai stimulant de Patrick Weil sur l’immigration. Article réservé aux abonnés LA LISTE DE LA MATINALE Cette semaine, « Le Monde des livres » vous conseille la lecture d’un passionnant portrait de Germaine de Staël en romancière et penseuse politique du début du XIXe siècle, signé Stéphanie Genand ; de l’essai stimulant du chercheur Patrick Weil sur l’immigration ; du nouveau roman, émouvant et drôle, de l’Américain Gary Shteyngart, Vera dans son monde, sur une fillette de 10 ans un peu trop anxieuse dans une société anxiogène ; du livre collectif Bruno Latour ou l’art d’assembler, sous la direction de Philippe Descola et de Bruno Karsenti, qui fait le point sur l’important legs de l’intellectuel, quatre ans après sa mort ; enfin, du roman de l’Irlandais Kevin Barry, Les Amours en fuite, un western mélancolique et touchant. BIOGRAPHIE. « Germaine de Staël », de Stéphanie Genand « Il existe un héroïsme au féminin », écrit Stéphanie Genand dans sa magnifique biographie de Germaine de Staël (1766-1817), dont l’existence si romanesque a longtemps fait oublier le double statut de romancière et de penseuse politique. Unique enfant de Jacques Necker et de Suzanne Curchod, la petite Louise, l’un de ses prénoms, reçoit une éducation intellectuelle réservée aux garçons. A 22 ans, la jeune femme rédige des Lettres sur les ouvrages et le caractère de J. J. Rousseau (1788), dont toute l’œuvre se voit examinée. Stéphanie Genand voit dans ce geste un moment inaugural. Le credo de « Staël » (ainsi est-elle appelée par l’autrice, rejetant le condescendant « Madame de ») – « La douleur est un des plus puissants moyens de développement pour l’esprit humain » – traduit une sensibilité préromantique, dont les héroïnes de ses deux grands romans, Delphine (1802) et Corinne ou l’Italie (1807), offrent les brûlantes incarnations. La théorie n’y est toutefois jamais absente. Staël y défend notamment une conception de la littérature indissociable des « institutions sociales » qui la façonnent, mais qu’oriente le principe de perfectibilité. Il vous reste 78.14% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.