Cette semaine, « Le Monde des livres » vous conseille le surprenant roman de Constance Joly, qui narre la trajectoire d’une malade d’Alzheimer et de sa fille ; un haletant livre d’histoire de Bernard Sergent, qui réduit à rien le mythe du mystère des origines des Etrusques ; le drolatique album de dessins du touche-à-tout Philippe Katerine ; la facétieuse crise familiale à la veille d’un mariage au centre du roman d’Anne Tyler ; et enfin une belle analyse critique du travail du réalisateur Steven Soderbergh.

ROMAN. « Reverdir », de Constance Joly

Il arrive que des forêts dévastées renaissent sur des sols calcinés. C’est un phénomène semblable que vit Constance Joly, quand elle se découvre capable de « reverdir » dans les circonstances qui pourraient sembler les moins propices. En l’occurrence, alors qu’a été diagnostiquée la maladie d’Alzheimer dont souffre sa mère, et qu’elle-même a mis fin, avec son mariage, à « vingt-sept années d’un compagnonnage délicieux ». Mère et fille sombrent ainsi en même temps. Mais est-ce vraiment une chute qu’expérimente la première ?

La beauté du texte consiste notamment à changer la perspective, et à transformer ce qui semblait un mouvement descendant en mouvement ascendant : cessant de considérer la maladie de sa mère comme une déchéance, l’autrice se met à la regarder comme le retour de cette femme à ce qui fait son essence, lui permettant d’habiter le monde entièrement, de retrouver intactes ses facultés d’étonnement.