Le 49e Festival de Lanaudière prenait fin dimanche avec la présentation en concert de Macbeth, opéra magistral composé par Giuseppe Verdi à l’âge de 33 ans. La soirée a permis de retrouver le chef principal de l’Orchestre Métropolitain, Yannick Nézet-Séguin, à son meilleur. Elle ouvre aussi une passionnante réflexion sur l’éthique du chant.Pour camper dignement le cadre d’une intrigue qui se déroule en Écosse, la météo avait concocté pour le Festival sa journée pluvieuse de l’édition 2026. Les versions que nous connaissons de Macbeth (créé en 1847 à Florence) datent de 1865 (Paris, en français) et de 1874 (Milan). La version milanaise, habituelle, élague dans la musique de ballet au début de l’acte III. Yannick Nézet-Séguin s’est permis une coupe supplémentaire, en enlevant le Coro e Ballabile, numéro 15 de la partition, qui fait tampon avant le Finale de l’acte III. Mais c’est normal, car cela n’apporte rien et le chœur est déjà très sollicité dans la partition, par ailleurs.DirectionC’était d’ailleurs le pari le plus audacieux de la soirée que de présenter Macbeth avec le Chœur Métropolitain, de vaillants chanteurs amateurs. Ils ont été efficaces dans les tutti, justes dans le superbe et symbolique Patria oppressa, qui ouvre l’acte IV, même si on ne peut pas leur demander d’avoir la couleur des chœurs professionnels italiens. Le plus grand manque se faisait sentir quand les pupitres de femmes incarnaient des sorcières. En matière de caractérisation et d’impact, on n’est pas obligé de cultiver du « beau chant » (écoutez la version Chailly). Mais chapeau au chœur, parce que tout cela n’est pas facile et demande présence, influx et réactivité.