Cet article vous est offert Pour lire gratuitement cet article réservé aux abonnés, connectez-vous Se connecter Vous n'êtes pas inscrit sur Le Monde ? Inscrivez-vous gratuitement Débats Débats Débats Économie mondiale Économie mondiale Économie mondiale Tribune José Miguel Sánchez Directeur général de la chambre de commerce de Saragosse (Espagne) Où sont passés les prophètes de l’ouverture des frontières, qui promettaient monts et merveilles ? Dans une tribune au « Monde », José Miguel Sanchez, directeur de la chambre de commerce de Saragosse, estime que si les démocraties peuvent commettre des erreurs, elles supportent plus difficilement « la disparition de la responsabilité intellectuelle ». Publié aujourd’hui à 06h00 Temps de Lecture 3 min. Article réservé aux abonnés Il fut un temps où une idée n’avait pas besoin d’être démontrée. Il suffisait de la répéter. Elle s’imposait dans les rapports économiques, les universités, les discours politiques et les éditoriaux de presse jusqu’à devenir une évidence sociale. La mondialisation faisait partie de ces idées-là. Elle n’était pas une option parmi d’autres, mais le sens même de la modernité. Ouvrir les marchés, délocaliser la production, intégrer les chaînes de valeur à l’échelle planétaire : tout cela était présenté comme la trajectoire naturelle des économies avancées. Celui qui en doutait ne contestait pas une politique, mais le cours même de l’histoire. Au fil des années, cette conviction a cessé d’être interrogée pour être simplement acceptée. Et ce qui n’est plus interrogé finit par ne plus être compris. Les sociétés, pourtant, ne paient pas la facture des idées au moment où elles sont formulées, mais lorsqu’elles se concrétisent. Alors, leurs effets apparaissent : industries qui disparaissent, dépendances qui se creusent, territoires qui perdent leur tissu productif. Sans parler de la disparition dramatique de capacités qu’on jugeait à tort accessoires. L’Europe a perdu une part significative de sa base industrielle. Des secteurs entiers ont été transférés vers d’autres régions du monde. La dépendance à des fournisseurs extérieurs est devenue une question stratégique. Et des notions que l’on croyait secondaires – souveraineté économique, politique industrielle, autonomie stratégique – ont fait leur retour au centre du débat public. Quelque chose ne correspond plus au récit longtemps tenu pour acquis. Avertissements marginaux Parmi les défenseurs les plus influents de la mondialisation figuraient des intellectuels comme l’analyste du Financial Times Martin Wolf ou le sociologue Anthony Giddens. Avec des perspectives différentes, ils ont contribué à imposer l’idée selon laquelle l’intégration croissante des économies constituait non seulement une évolution souhaitable, mais aussi une trajectoire historique irréversible. La spécialisation internationale promettait efficacité, croissance et prospérité partagée. Il vous reste 66.56% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
« Ce qui frappe n’est pas seulement l’existence d’erreurs de jugement liées à la mondialisation, c’est la rareté de la remise en question »
TRIBUNE. Où sont passés les prophètes de l’ouverture des frontières, qui promettaient monts et merveilles ? Dans une tribune au « Monde », José Miguel Sanchez, directeur de la chambre de commerce de Saragosse, estime que si les démocraties peuvent commettre des erreurs, elles supportent plus difficilement « la disparition de la responsabilité intellectuelle ».






