En programmant à compter de mardi Dialogues des carmélites de Francis Poulenc, dans la mise en scène d’Olivier Py, le Festival d’opéra de Québec amène au pays un des spectacles lyriques les plus encensés du XXIe siècle.« Je crois qu’on peut dire, peut-être de manière subjective — mais pas loin de l’objectivité —, que Dialogues des carmélites est le plus bel opéra du XXe siècle. […] Quand l’œuvre a été présentée dans les années 1950, elle a pu apparaître anachronique, voire passéiste. Il se trouve que le temps a passé et qu’on découvre qu’elle était au contraire pleine d’une très, très grande modernité », déclarait Olivier Py en 2019 lors de la reprise à Toulouse de ce spectacle créé en 2013 au théâtre des Champs-Élysées, à Paris, pour le cinquantenaire de la mort de Francis Poulenc.CanoniséesCette modernité, Olivier Py la résume ensuite ainsi : « Je connais peu d’œuvres aussi lacrymales que Dialogues des carmélites, pas du tout parce qu’elle est sentimentale, mais parce qu’elle nous pose des questions qu’on ne trouverait plus, je crois, dans des œuvres contemporaines et qui sont d’ordre existentiel. Elle nous dit : “Qu’est-ce que tu fais de ta vie ?” ; “Qu’est-ce qu’une vie digne d’être vécue ?”. Elle nous dit : “Change ta vie.” »Depuis cette entrevue de 2019, et depuis la présentation à Montréal, en 2017, d’un spectacle mis en scène par Serge Denoncourt, un athée assumé, aux antipodes du très croyant Py, il y a eu une nouveauté provoquée par l’œuvre de Poulenc. Le 18 décembre 2024, le pape François a canonisé seize carmélites guillotinées durant la Terreur, lors de la Révolution française. Sont donc officiellement saintes ces religieuses de Compiègne, précédemment béatifiées par Pie X en 1906. « Le pape a décidé d’étendre à l’Église universelle le culte de la bienheureuse Thérèse de Saint-Augustin (née Marie-Madeleine-Claude Lidoine) et de ses quinze compagnes carmélites déchaussées de Compiègne, qui ont souffert le martyre le 17 juillet 1794 à Paris (France), en les inscrivant directement dans le catalogue des saints », nous dit le Vatican.L’opéra se situe en avril 1789. Blanche, jeune femme d’une lignée d’aristocrates, a peur du monde qui l’entoure. Elle annonce à son père, le marquis de La Force, qu’elle désire entrer dans un couvent de carmélites. Accueillie par la prieure, Madame de Croissy, une femme malade, qui lui signifie que le carmel n’est pas un refuge pour les faibles, Blanche annonce qu’elle veut prendre pour nom sœur Blanche de l’Agonie du Christ.
«Dialogues des carmélites», un monument à Québec
Créée en 2013, la mise en scène d’Olivier Py de «Dialogues des carmélites» fait l’unanimité.
1,273 words~6 min read






