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ReportageChaque été, nombreux sont les étudiants, cinéphiles, réalisateurs qui se pressent sur la petite île de la Baltique pour s’imprégner de l’esprit du cinéaste. Fasciné par la rigueur de ses paysages, le grand maître suédois y a vécu et tourné plusieurs de ses films, jusqu’à sa mort, en 2007. C’est là aussi qu’il a réuni, à partir de ses 60 ans, dans sa maison, ses neuf enfants nés de six femmes différentes. Ils y cultivent toujours sa mémoire.
C’est l’un de ces subtils paradoxes des familles : un père absent peut aussi s’avérer écrasant. Ingmar Bergman junior, sixième rejeton du cinéaste suédois, n’a presque aucun souvenir d’enfance du sien. Quelques mois après sa naissance, en 1951, son père a quitté sa mère, la journaliste suédoise Gun Grut, et a disparu de sa vie, fuyant sa terreur de la routine domestique dans une boulimie de tournages et de mises en scène au Théâtre dramatique royal de Stockholm.
« Au début, il se souvenait de mes anniversaires, puis il a fini par oublier de me les souhaiter. Cela me rendait un peu triste, bien sûr, mais ma mère était très intelligente : elle ne disait jamais de mal de lui », raconte Ingmar Bergman junior, 75 ans, aujourd’hui.







