« Avant 2024, la défense n’était pas un marché pour nous au Canada. Il n’y avait pas de demande particulière de la part des Forces armées canadiennes, pas de vrai budget non plus pour combler certains besoins. »Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts, et SFC Energy compte bien profiter des investissements massifs d’Ottawa dans le domaine militaire. C’est en tout cas le souhait de son vice-président, Bjoern Ledergerber, que Le Devoir a rencontré au siège de l’entreprise, dans la banlieue sud de Munich.SFC Energy, comme son nom l’indique, est une entreprise spécialisée dans le secteur de l’énergie. Son créneau : la fabrication de piles à combustible, au méthanol ou à l’hydrogène. Ces piles servent à alimenter des équipements électriques et électroniques de manière entièrement autonome, sur des durées bien plus importantes que ce que permettent des batteries classiques.À l’origine, l’entreprise créée en 2000 visait plutôt le marché du plein air et s’adressait à tous ceux qui voulaient trouver une solution de rechange aux génératrices électriques ou au diesel. Mais rapidement, l’armée allemande, la Bundeswehr, s’est montrée intéressée par les nombreuses applications militaires des produits développés par SFC Energy : alimentation électrique embarquée à bord de véhicules ou intégrée au paquetage du soldat, alimentation continue de systèmes de surveillance, de radars ou de systèmes laser, etc.« Avec nos piles, il faut moins de carburant, ce qui veut aussi dire, pour nos clients, moins de logistique pour le ravitaillement. Certaines peuvent durer des semaines sans interruption », assure Bjoern Ledergerber.En 2026, SFC Energy AG a d’ailleurs reçu la plus importante commande de son histoire. L’entreprise livrera à l’Ukraine des systèmes de piles à combustible destinés au champ de bataille, pour une somme record de plus de 68 millions de dollars.