En près de 30 ans d’existence, le salon CANSEC, à Ottawa, n’avait jamais connu pareille affluence. Sur fond de hausse record des dépenses militaires mondiales, le plus grand salon de la défense et de la sécurité au pays a accueilli au mois de mai près de 20 000 participants, soit 6000 personnes de plus qu’en 2025. Et parmi les nombreuses délégations étrangères, celle venue d’Allemagne était de loin la plus importante.Étaient notamment présentes une équipe de ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS), venue en nombre vanter les mérites de son sous-marin 212CD, mais aussi des entreprises déjà implantées au pays, comme le fabricant de systèmes d’armements Rheinmetall ou encore Hensoldt, qui équipe les chars Leopard des Forces armées canadiennes (FAC).Au milieu de ces acteurs majeurs, une délégation de PME allemandes sillonnait les allées du salon, dans le but de mieux connaître les besoins de l’industrie canadienne et d’échanger éventuellement quelques cartes professionnelles.Tandis que le Canada s’est engagé à consacrer 5 % de son produit intérieur brut aux dépenses militaires d’ici 2035, nombreuses en effet sont les entreprises allemandes à lorgner ce qui représente pour elles un marché stratégique nouveau.Comme un symbole, c’est le ministre allemand de la Défense, Boris Pistorius, également présent au CANSEC, qui s’est fait le porte-étendard de ce rapprochement. Et ce, alors que les deux pays célèbrent cette année 75 ans de relations diplomatiques.« Le Canada et l’Allemagne sont peut-être séparés par un océan, mais nos deux pays croient que l’on est plus fort en travaillant ensemble », a-t-il notamment lancé à un public acquis à sa cause.Dans l’assistance, Leonard Tholl opinait du chef. Il faut dire que le directeur du développement commercial du fabricant d’ogives TDW suit de près ce qui se passe chez nous, et notamment la mise en œuvre de la stratégie industrielle de défense.« Ce que fait le Canada est vraiment unique, c’est très intéressant à observer. On se demande comment on peut devenir partenaire de cette stratégie, comment faire pour en faire partie. »