Volodymyr Zelensky a cédé à la pression de la rue. Mardi 21 juillet, dans la soirée, le président ukrainien s'est finalement résigné à renvoyer son commandant en chef des armées, le général Oleksandr Syrsky, conspué lors de manifestations qui ont agité l'Ukraine ces derniers jours.

"Je suis reconnaissant envers Oleksandr Syrskyi et envers chacun de nos soldats pour les positions solides qu'occupe l'Ukraine sur le front", a écrit le chef de l'État sur ses réseaux sociaux, rendant un hommage appuyé au commandant déchu. "Il est indéniable qu'Oleksandr Syrskyi a obtenu des résultats pour l'Ukraine lors de la défense de Kiev, de l'offensive de Kharkiv et de l'opération Koursk. Nous avons parcouru un long chemin, la défense de l'Ukraine se poursuit et chaque soldat doit être traité avec dignité", a-t-il ajouté.

Volodymyr Zelensky s'est vu contraint de faire ce changement à la tête de l'armée à un moment crucial pour l'Ukraine. Le pays, en guerre depuis 2022, tente de renverser le rapport de force avec la Russie en envoyant des centaines, voire des milliers de drones en direction du territoire russe. Avec un espoir : faire plier Moscou et forcer Poutine à la négociation.

Le commandant "boucher"Tout commence le 12 juillet dernier, quand Volodymyr Zelensky décide de remanier son gouvernement. La Première ministre Ioulia Svyrydenko est remerciée. Mais c'est surtout le limogeage du très populaire ministre de la Défense, Mykhailo Fedorov, âgé de 35 ans, qui suscite des critiques. Moderne, tourné vers les nouvelles technologies, Fedorov était en désaccord sur la stratégie militaire du pays avec le commandant en chef, Oleksandr Syrsky, 60 ans, un vétéran de l'armée ukrainienne. Ce dernier, formé sous l'ère soviétique, avait une vision plus traditionnelle du pouvoir militaire. Le clash était inévitable.