Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé mardi le limogeage du commandant en chef de l’armée Oleksandre Syrsky, qu’il a remplacé par le populaire commandant des forces interarmées, Mykhaïlo Drapaty, sur fond de grogne après le départ du ministre de la Défense.« J’ai décidé que le nouveau commandant en chef des Forces armées d’Ukraine serait Mykhaïlo Drapaty… Je remercie Oleksandre Syrsky et tous nos combattants pour les solides positions de première ligne de l’Ukraine », a déclaré M. Zelensky mardi soir dans un message sur Telegram.Oleksandre Syrsky, 60 ans, occupait ce poste depuis 2024. Il a notamment dirigé la défense de Kiev au début de l’invasion russe en 2022.Sa destitution intervient après plusieurs jours de manifestations en soutien au ministre de la Défense Mykhaïlo Fedorov, évincé le 14 juillet après seulement six mois en fonction.Celui-ci a accusé M. Syrsky de l’avoir poussé vers la sortie et d’avoir entravé sa tentative de réforme de l’armée.

Mykhaïlo Fedorov, 35 ans, issu du monde de la tech et n’ayant jamais servi dans l’armée, militait pour un recours massif aux nouvelles technologies pour décupler le potentiel des drones et réorganiser en profondeur les forces armées.« Servir l’Ukraine a toujours été un honneur pour moi », a réagi sur Facebook le général Drapaty, ancien commandant de l’armée de terre, âgé de 43 ans.Le limogeage du général Syrsky insuffle « une bouffée d’air frais » et « un nouvel espoir » dans le combat contre la Russie, a immédiatement réagi M. Fedorov.Né en Russie et formé à Moscou, Oleksandre Syrsky n’est en effet jamais parvenu à se défaire de sa réputation de général à la mentalité soviétique : ses détracteurs lui reprochent de faire peu de cas des pertes humaines, lui valant le surnom de « boucher ».Civils tuésCe chamboulement à la tête de l’armée ukrainienne intervient alors que le nombre de civils tués ou blessés a augmenté de 37 % sur les six premiers mois de cette année, a alerté mardi le Haut-Commissariat aux droits de l’homme.« Nous avons recensé 1396 civils tués et 7978 blessés » dans les deux pays, ce qui « représente une hausse de 37 % par rapport à la même période de l’année précédente, et près du double du niveau observé en 2024 », a déclaré devant la presse à Genève Danielle Bell, représentante de la Mission de surveillance des droits de l’homme des Nations unies en Ukraine.Plus de quatre ans après le début de l’offensive russe à grande échelle contre l’Ukraine, les frappes des deux côtés du front montent en puissance et font un nombre toujours croissant de victimes civiles.