Elle dénonce un « mensonge » de la part du gouvernement, après les déclarations ce mardi matin de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. La France insoumise va déposer un recours devant le Conseil constitutionnel, à la suite de l’adoption par l’Assemblée nationale du texte sur la loi d’urgence agricole qui réintroduit à titre dérogatoire et sous condition deux pesticides interdits en France mais autorisés dans l’Union européenne, a indiqué ce mardi la députée Aurélie Trouvé en conférence de presse. Il s’agit de l’acétamipride et du flupyradifurone.« Son mensonge (à Annie Genevard) est grave. Elle dit ce matin, je cite, que le texte ne réintroduit pas l’acétamipride. C’est faux. Il suffit de lire le texte. L’acétamipride et le flupyradifurone pourront bien être réautorisés par le gouvernement, par une dérogation », tacle Aurélie Trouvé. Le texte donne à l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) la possibilité de décider d’une dérogation ou non concernant ces deux pesticides.Un non-respect de plusieurs principes ?« Le gouvernement aura la main in fine, je l’ai dit par simple décret et sur avis d’une agence réglementaire », a dénoncé Aurélie Trouvé. « C’est tellement grave qu’il est possible que la ministre de l’Écologie (Monique Barbut) démissionne aujourd’hui », a-t-elle lancé. Avant d’ajouter : « je vous l’annonce, nous allons faire un recours au Conseil constitutionnel, puisque nous considérons qu’un grand nombre de ces articles sont contraires à la Charte de l’Environnement, aux principes de précaution et de non-régression environnementale ».Le gouvernement assume ce mardi son texte de loi d’urgence agricole, qui devrait être adopté dans la soirée par le Parlement, malgré la controverse sur le recours à des pesticides qui divise son propre camp et pourrait entraîner la démission de la ministre de la Transition écologique, Monique Barbut. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a appelé sur le réseau X à ne pas « instrumentaliser à des fins politiciennes » cette loi, après l’adoption du texte dans la nuit à l’Assemblée nationale dans un contexte tendu.Souveraineté alimentaire, gestion de l’eau, élevage et pesticides… le texte d’urgence agricole, qui doit être définitivement adopté dans la soirée au Sénat, balaie de nombreux sujets à travers près de 70 articles de loi. « Le compromis voté par les seuls parlementaires ne revient pas sur son interdiction », a écrit Sébastien Lecornu à propos de l’acétamipride, estimant que « l’essentiel de la loi ne peut pas être résumé par ce seul article ».