Plus de 22 000 fouilles complètes ont été faites sur des adolescents en centre jeunesse dans les quatre dernières années, selon un dénombrement réalisé par Le Devoir. L’exercice peut être humiliant et laisser des marques profondes chez les enfants qui le subissent. Mais c’est un mal nécessaire, selon les établissements.

Une porte vitrée au bout d’un long couloir beige. Le cliquetis d’un trousseau de clés. Un panneau jaune riveté dans le mur sur lequel on peut lire : « Attention, vous entrez en zone sécurisée. » De l’autre côté de la porte, d’autres corridors ternes, des escaliers, des portes lourdes, qui se referment bruyamment. On entre dans l’aile des jeunes contrevenants du centre de réadaptation de Laval, l’un des endroits où l’on procède au plus grand nombre de fouilles complètes sur des jeunes au Québec.On compte à Laval entre 800 et 1000 fouilles complètes par année depuis quatre ans, a pu constater Le Devoir, qui a analysé les données de l’ensemble des branches de Santé Québec (ex-CISSS et CIUSSS). « On a gardé un volume quand même assez élevé de fouilles quand on se compare à certains autres secteurs de la province, mais il faut regarder qui est notre population », explique Jean-François Payette, directeur de la protection de la jeunesse (DPJ) à Laval.