Plus de 22 000 fouilles complètes ont été faites sur des adolescents en centre de réadaptation — aussi connus sous le nom de centres jeunesse — depuis quatre ans, selon un décompte inédit fait par Le Devoir. Et malgré une nouvelle directive réitérant le caractère « exceptionnel » d’une telle mesure, on comptait encore l’an dernier plusieurs milliers de fouilles. Un exercice humiliant qui laisse des marques profondes chez les enfants qui les subissent, avons-nous pu constater.« La première fois que j’ai eu une fouille complète, j’ai pleuré », raconte Patrick, un jeune dont on ne peut révéler l’identité parce qu’il est toujours hébergé dans un centre de réadaptation de Montréal. « C’est inhumain de faire ça, soutient-il. Je suis placé parce que j’ai des mauvais parents, puis ça permet aux gens de me mettre dans une salle avec des caméras et de devoir me mettre presque nu. C’est fucked up. »Patrick n’est pas un jeune contrevenant ; c’est un jeune qui n’a pas eu la chance d’avoir des parents capables de s’occuper de lui. C’est donc la protection de la jeunesse qui a pris le relais. Il a grandi « dans le système », hébergé dans des centres jeunesse depuis de nombreuses années. Au début, ça se passait plutôt bien. Mais à l’âge de 14 ans, il a subi un événement qui l’a profondément troublé et qui l’a fait dévier de sa trajectoire.Cet événement, c’est sa première fouille complète.
Les fouilles complètes dans les centres jeunesse, des «mesures d’exception» qui n’en sont pas?
Elles sont encore effectuées par milliers, malgré une nouvelle directive donnée l’an dernier.












